18 nov. 2014

Ô Toulouse !


Si comme moi tu connais plutôt mal les quatre coins de la France, si tu ne sais pas placer le Tarn et la Picardie sur une carte, et si toi aussi tu offres un sourire d’excuse à celui qui te dit venir de Limoges ou avoir fait ses études à Cahors, nous nous comprenons forcément.
Mais ce n’est pas une fatalité. Ton ignorance, tu peux la soigner, si, si. Des moyens sont possibles en 2014 pour cela. D’ailleurs, l’un d’eux surpasse les autres.
Ce moyen s’appelle la SNCF.
Quelques petites heures en intercités et te voilà gare Mathabiau, aux portes de la cité gasconne. Le nom du département ? Haute Garonne. De la région ? Midi-Pyrénées. Ca y est je me sens déjà un peu plus savante.


Toulouse, c’est une ville étudiante. Tu ne croiseras qu’une minorité de gens matures, la ville appartient aux jeunes, délibérément. Ils sont là pour le prestige des pôles théologiques, économiques mais surtout scientifiques, notamment pour SUPAERO et ENSICA, parce que Toulouse, c’est la vitrine spatiale de la France.
Toulouse c’est une ville riche. Mais genre vraiment. Multitude d’hôtels particuliers, grandes bâtisses, luxueuses façades… Ici plus qu’ailleurs, on y célèbre l’art et la culture. Tu croiseras toujours quelqu’un avec une pochette d’arts appliqués, un étui à violoncelle, un livre d’histoire ou un reflexe canon entre les mains.
On la dit ville rose mais en fait, elle est plutôt orange. Pourquoi cette appellation ? A cause de ses briques, dont l’utilisation fut imposée à partir de la Renaissance, en raison de nombreux incendies ayant défigurés la ville originellement bâtie de bois et de chaume. Mais bon, les briques elles sont oranges et pas roses, alors pourquoi la ville rose ? Mystère rétinien.
Toulouse tire sa richesse successive de ses transports fluviaux, principalement grâce au Canal du midi qui lui permit d’entreprendre le transit de ses pastels (plantes médicinales notamment utilisées comme pigments au moyen âge pour l’introduction de couleurs dans les façades architecturales d’Europe), puis, lors du déclin du pastel au profit de l’émergence de nouvelles couleurs et colorants, du commerce de céréales avec les autres régions de France. Aujourd’hui la ville vit des profits de son élite intellectuelle et estudiantine.
Toulouse, c’est quand même pas très grand. Tu peux donc tout faire à pieds, ce qui constitue un véritable plus pour visiter une ville. Architecturalement parlant, c’est un vrai choc de cultures. Rarement vu autant de mélanges d’influences.
Tu sens la brique rouge caractéristique, le travail de la pierre Renaissance, les colombages médiévaux, l’influence mauresque, à l’époque où l’orientalisme était très en vogue, l’influence basque, très présente, le fer forgé des façades espagnoles/catalanes, et ça et là quelques bouts de rue art déco, pour ceux que je suis capable de reconnaître.
Toulouse c’est un petit Lyon, un Bordeaux non atlantique, un grand Aix-en-Provence, un Montpellier plus sombre.
Petit panorama des choses à voir à Toulouse.

  • Le Capitole :





  • Les quais de la Grave :
Rive gauche, une charmante promenade est aménagée pour les piétons : les quais de la Grave. Mitoyens à l’hôpital St Joseph de la Grave, bel édifice originellement bâti pour officier le Grand renfermement des pauvres (suite à l’afflux de nombreux miséreux à Toulouse, l’Etat les y enfermait pour les soigner, les nourrir et les instruire afin de pouvoir les insérer dans la société), il servit de catharsis pour endiguer l’épidémie de peste du XVIème siècle. Il côtoie aujourd’hui le jardin Raymond IV et offre de beaux spots sympas pour se poser dans l’herbe face aux mini-cascades de la Garonne. Si tu as un peu de chance, un musicien viendra jouer du saxophone près de toi.
Moi j’ai adoré me caler sur les abords sauvage de ce quai, les pieds dans l’herbe et presque dans l’eau, à observer l’agitation paisible de la ville couleurs d’automne, les rayons de soleil de l’été indien, et les cormorans (si, si, je t’assure) sortir des profondeurs de la Garonne. Instant fameux de Dolce Vita.
Vachement plus plaisant que la plus commune et fréquentée prairie des filtres. A mes yeux, en tous cas.

  • Le couvent des Jacobins :
On la repère de loin, l’église des Jacobins. On s’y dirige même tout naturellement, tellement ça titille notre intérêt, ce haut clocher et cette architecture flamboyante gothique méridional. Ce qui frappe en entrant, c’est sa taille. Le plafond culmine à plus de 22m sur une voute étoilée en ogive. Un long pilier dit « palmier » la soutient lourdement et par le biais d’un jeu de miroirs, le visiteur peut mesurer de la profondeur des édifices bâtis au nom de la foi.
Consacrée à St Thomas d’Aquin, dont elle abrite les reliques, l’église des jacobins, autrefois couvent des frères prêcheurs de l’ordre Dominicain, se compose également d’un cloître, de l’ancien réfectoire et d’une chapelle, que tu ne découvriras jamais si tu n’as pas la curiosité de pousser un peu plus loin ta visite de ce qui t’es donné à voir.
Aucune idée d’où se trouve l’accès à tout ça, je les ai tout bonnement ratés. Ce que tu vas forcément rater aussi, c’est le mausolée disparu de St Thomas d’Aquin (qui avait l’air magnifique), mais qui a été défoncé par les affres de la Révolution française.



  • Le cloître des chartreux :
Petite arnaque toulousaine. Tu mets du temps à le chercher, et tu crois ne jamais le trouver, alors que tu viens juste de passer devant. C’est juste que tous les étudiants y ont pris leurs quartiers et s’y sont adossés, aux murs de briques rouges du cloître. Du coup ben, à part si tu aimes bien te lever à 6h du mat, tu ne pourras jamais vraiment l’admirer, ce cloître des chartreux. Ca avait l’air joli, pourtant.

  • Le musée Saint-Raymond :
Le musée des Antiquités de Toulouse regroupe, comme son nom l’indique, les vestiges les plus anciens de la ville sur trois niveaux. Nécropole en sous-sol, une riche collection de sarcophages joliement ornés bâties sur les lieux réels de l’ancienne nécropole (200 ap J-C). Chiragan au premier étage, du nom d’une villa romaine, issue d’un village voisin, dont de nombreux vestiges ont été inhumés, à commencer par la galerie des bustes impériaux, la plus importante en France après celle du Louvre. Tolosa au second niveau, ou l’émergeance des débuts de la cité gasconne, aux carrefours entre les influences romaines, gauloises et celtes.
Le contemporain s’invite cet automne au milieu des vestiges antiques, sous le nom de festival des jardins assymétriques. Cocktail surprenant non dépouvru d’intérêt. Puis si tes pieds te traitent de bourreaux, tu peux toujours t’arrêter prendre un verre à l’ombre des micocouliers, dans le charmant salon de thé intimiste de la cours intérieure du musée.




  • La basilique Saint-Sernin :
Imposante et magnifique basilique de par son architecture extérieure, St Sernin est en fait la plus grande église romane parfaitement conservée d’Europe, et l’exemple parfait du style roman méridional.
Ancien arrêt fréquent pour les pèlerins sur la route de St Jaques de Compostelle qui venaient honorer le martyr St Saturnin dont la foi s’était opposée aux païens, ce qui lui valut d’être trainé au sol par un taureau rue de Taur jusqu’à ce que mort s’en suive, la basilique fut agrandie au fil des siècles, par constructions successives, honorant toujours la mémoire de St Sernin, premier évêque de Toulouse (250 ap JC) où sont actuellement gardées ses reliques.
Uniques en leur genre, sa porte Miègeville, roman flamboyant, ainsi que son clocher octogonal se dressent fièrement sur la place St Sernin où se laissait à voir le cloître, détruit peu après la Révolution française.



  • La chapelle Carmélite :
Petite chapelle bien planquée dans une ruelle étudiante, elle passerait plutôt complètement inaperçue. Mais il faut prendre l’habitude de se faufiler entre les portes ouvertes pour saisir parfois la beauté du monde. Vestige du couvent des Carmélites (religieuses issues de l’Ordre de Carmel), détruit lors de la Révolution française, la chapelle évoque sur ses murs peints d’influence Renaissance l’histoire de l’ordre de Carmel.
L’interêt cette fois-ci c’était le mélange des airs du temps, l’apport d’une œuvre contemporaine entre les murs classiques et le poids de la religion, réalisé par la contribution d’Emilie Faïf au festival Jardins Synthétiques. Clairement, moi j’ai adoré cet endroit, ce moment. L’accueil est chaleureux : on m’a incité à ne pas avoir peur de faire le tour du sanctuaire et on a même baissé les lumières pour que je puisse prendre une photo. O, joie de l’altruïsme !
L’œuvre de plastique s’abaisse et se soulève, volupteuse, poétique, au fil des aléas électriques des ventilateurs, tels un nuage, souple et vaporeux. Grand moment d’art.


  • Les deux percées Haussmaniennes :
 Petite particularité toulousaine : l’absence des grands boulevards haussmaniens, communs pourtant à toutes les grandes villes de France. L’architecture haussmanienne peut s’admirer rue de Metz et rue d’Alsace Lorraine.
  • La rue Pargaminières :
Petite rue piétonnière souvent empruntée qui relie le centre ville au quai de la Garonne. Du chic dans les pavés, du chic dans les bars, les restos et les shops. Beaucoup de charme.
  • La Halle aux Grains :
A l’origine conçue pour accueillir les céréales acheminées par bateau depuis le Canal du midi sous forme de marché couvert, la halle aux grains, stupéfiant édifice hexagonal de briques rouges, transformée dans les années 50 en salle de spectacle, se célèbre aujourd’hui pour son acoustique et tous les concerts qui s’y jouent, du groupe de rock en vogue à l’orchestre national du Capitole.


  • Le Canal du Midi :
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le canal du midi, haut témoins des belles heures du transport fluvial en Europe, se creuse depuis le bras de la Garonne pour rejoindre la Méditerranée, ce qui trace sur les cartes de France un accès direct de l’Atlantique à la Méditerranée, par voie fluviale. A lui tout seul, il constitua la richesse de Toulouse, lui apportant successivement au fil des siècles l’el dorado de son commerce de pastels puis de céréales.
Allées bordées de saules et de platanes, la lumière, filtrée au travers des branches est magnifique aux abords du Canal du Midi. Tu peux t’y promener tranquillement, les lieux sont paisibles. Rayon de soleil, douce brise, bruit du vent dans les arbres… Magnifique en automne.
Le Canal entoure la ville au Nord et à l’Est. Si tu descends à François Verdier, en marchant un peu, tu devrais tomber sur la meilleure partie du Canal, le long du boulevard Monplaisir.
Mais la meilleure option reste sans doute le vélo. Une promenade en vélo le long du Canal du Midi : instant fameux de Dolce Vita. Je plussoie. Moi, je ne m’y suis malheureusement pas attardée. Mais j’aurais du.





  • Le musée Georges Labit :
Petit musée situé en bordure du Canal du midi, la collection Georges Labit se compose d’une multitude d’objets d’arts asiatiques et égyptiens. A l’origine de ses murs neo-mauresques, une volonté orientaliste issue du XIXème siècle de donner à voir à l’ellite occidentale quelques fragments de l’esthétique culturelle extrême orientale. Grand voyageur, ethnologue et passionné d’histoire de l’art, Georges Labit se lance dans une collection qui deviendra l’une des plus belles de France, après celle du musée Guimet de Paris et de l’Asiatica musée de Biarritz.
Boddhisatva, estampes, lion thaï, stuppas, sarcophages, et hiéroglyphes au programme de ce musée plein de charme et de curiosités. Moi, j’ai adoré. Et en plus je me suis fait une pote. Elle s’appelle In-Inmen et elle a 3814 ans. Bon, elle est pas très bavarde…





  • Le jardin des plantes
Elégant jardin tracé le long de plusieurs allées de terre, il constitue une balade agréable et reposante, mitoyen du grand Museum d’histoire naturelle de Toulouse, et de ses serres botaniques d’Henri Gaussen.
Parce que Toulouse aime à célébrer la culture partout, le jardin se jalonne de quelques explications telles que celles de mythes, comme celui du Cyprès, illustrés de manière classique et contemporaine par un artiste peintre, photographe ou illustrateur.

  • Le quartier des Carmes :
Richesse architecturale, petites rues étroites, shops sympas, affluence animée. J’ai adoré m’y ballader. Contempler les façades de l’hotel particulier de Bagis (aussi appelé hotel de pierre)rue Dalbade, passer la tête au travers des portes cochères et oser s’y aventurer le temps d’une photo, pénétrer les petits shops, chercher de quoi se restaurer rue Pharaon… Chaque choix de rue est un bon choix, à toi de te perdre pour mieux te retrouver.


  • Le Pont Neuf :
Le pont neuf, contrairement à ce que son nom indique, est plus le vieux pont de la ville. Alors forcément, c’est un peu lui le pont le plus hype de tous les ponts de Toulouse. Bâti au commencement de 1544 grâce au financement de François Ier lui même, il faut attendre un bon petit siècle pour le voir terminé (eh oui, les guerres de religions sont passées par là). Inauguré par Louis XIV en personne (que des stars à Toulouse…), son génie réside dans l’ajout de dégueuloirs (si, si, ces orifices arondis dans la pierre on appelle ça des dégueuloirs), permettant de résister aux nombreuses crues de la Garonne qui avaient eu raison de tous les ponts précédents.


  • La galerie du Château d’eau :

Entre les murs de l’ancien château d’eau de la ville se tient depuis les années 70, sous les efforts de Jean Dieuzaide son créateur, le premier espace dédié à l’art photographique de France, art qui du attendre de longues années avant d’être reconnu comme majeur dans la culture de l’image.
La galerie expose régulièrement des artistes de renom, tels Doisneau, Brassaï, Cartier Bresson, pour ne citer que les français, célébrés entre beaucoup d’autres par de nombreuses et prestigieuses expositions au cours de l’année. La bibliothèque affiche des recueils photographiques de grande qualité (si toi qui lit ses lignes te sens l’âme bien généreuse et a envie de m’offrir « Filles » de Fabrice Mabillot, je t’en prie, procède, je te vénèrerai) et si tu aimes l’image, tu peux y flâner facilement des heures sans nécessairement t’en rendre compte.
L’exposition de l’automne, c’était « Doisneau/Dieuzaide, une amitié heureuse ». Parce que Dieuzaide et Doisneau étaient de grands amis (bien que l’un ait récolté plus de gloire que l’autre) l’exposition met en corrélation leurs travaux à la même époque, qui ne manquent pas de ressembler, sans que l’un n’ait forcément connaissance des clichés de l’autre.




  • Les Abattoirs :
La FRAC de Toulouse, installée dans les anciens abattoirs de la ville, profite de beaux murs pour afficher ses supports permanents et temporaires aux yeux du public.
Plutôt blasée des FRAC qui ne justifient jusqu’ici jamais du tarif de leurs entrées à mes yeux, je ne me suis, au vue de la programmation automnale, pas aventurée plus loin que la boutique, qui, très bien faite, regorgeant d’ouvrages très variés, m’a amplement suffit et a comblé mes minutes d’art contemporain de qualité.
  • Le Musée des Augustins :
Installé entre les murs gothiques-méridionaux du couvent des augustins depuis déjà deux siècles, le Musée des Beaux Arts de la ville de Toulouse peut se targuer d’être un des plus vieux musées de France, ouvert peu de temps après le Louvre. Au programme de ce lieu riche en merveilles architecturales (ooohhh le cloître, ooooh le jardin, ooooh la petite cour intérieure cachée, ooooh l’église attenante…), une collection permanente essentiellement très classique (sculptures romanes, gothiques, renaissance, tableaux primitifs, renaissance, XVII-XIXème, épigraphie médiévale), beaucoup d’anonymes et là dedans parfois quelques grands noms (comme Ingres, Rodin, Corot, Courbet, Rubens, Toulouse Lautrec, Manet, Delacroix, Vigée-Lebrun, Guardi) ainsi qu’une exposition temporaire (Benjamin Constant : Merveilles et mirages de l’orientalisme, ce coup-ci).
Bon, aller, il faut le dire. Ce serait stupide de repartir de Toulouse sans avoir posé le pied au musée des augustins, d’abord parce que les murs sont magnifiques, puis parce que la collection, bien qu’un peu poussiéreuse car très classique te réserve quelques jolies surprises au détour de l’académisme : moi j’ai adoré les natures mortes de Louise Moillon. Par pur radinisme j’ai raté l’expo temporaire mais l’ai regretté aussitôt car de ce que j’ai pu entre-apercevoir au travers des cloisons les tableaux avaient l’air bien sympas. Bref, tu peux y aller de jour et ramener de très belles photos de l’endroit, ou opter pour la solution j’aime me faire peur la nuit en pénétrant les murs lors des nocturnes du mercredi.




  • La cathédrale Saint-Etienne :
Gros coup de cœur pour ce monument.
La cathédrale St Etienne, malgré ses proportions ne paye pas de mine de l’extérieur, véhiculant quelque chose de plutôt austère dans son architecture massive vaguement romane, vaguement gothique, un peu désordonnée.
Mais ne rate surtout pas l’intérieur. Je n’ai pas les mots pour décrire cette sensation de puissance, de richesse et d’immensité qui se dégage des plafonds de la Cathédrale St Etienne, la plus belle cathédrale qu’il m’ait été donné de voir à ce jour.
Je me suis sentie comme frappée par quelque chose. Non, non, rien de mystique. Mais tout était magnifique. Du gothique, du roman, du baroque, du rococo. Un mélange des genres d’une ampleur immense.
La lumière tamisée filtrée par les vitraux, le bois travaillé, la pierre sculptée, l’écho des couleurs, la finesse des tissus, le gigantisme de l’orgue, des orgues, car il y en a plusieurs, la richesse sculpturale des petites chapelles habillées, les ornements des ferronneries et des stèles, la variété des chaires… Tout est fait pour te faire sentir petit être de poussière face à l’immensité de Dieu/ de ce que peut faire l’humanité au nom de la foi, selon tes croyances.
Je me suis sentie un peu floue, un peu flottante, au sein d’un impressionnant mélange des genres, de lieux, de temps, qui font de cette cathédrale un lieu puissant et insolite.







  • Le quartier des Antiquaires et la rue des Arts :
Sublime petit quartier aux alentours de la cathédrale St Etienne. De petites ruelles étroites jalonnées de flamboyantes demeures architecturalement riches, construites par la noblesse toulousaine. Un panel d’enseignes s’étalant de marques bien connues des galeries Lafayette (Comptoir de famille) jusqu’au petit spécialiste indépendant du baroque italien, tu trouveras de quoi ravir ta curiosité si tant est que tu aimes bien chiner les merveilles de l’univers brocante. Bon, dans les petites échoppes on ne te recevra pas forcément très bien si les largesses de ton compte en banque ne sont pas gravées sur ton front, mais tes yeux te diront que le mépris vaut bien l’orgasme visuel qu’ils sont en train de se prendre.

  • Le musée Paul Dupuy :
Musée des arts décoratifs et graphiques de la ville. N’ai pu le visiter pour cause de mouvement social et syndical. Très, très moyen, tout ça.

  • Basilique de la Daurade :
 Rien de flamboyant ni de très particulier dans cette basilique dite mineure, si ce n’est sa vierge noire. Bon, pourquoi est-elle noire, la Vierge ? Concrètement, on en sait rien. Certains l’associent à la fertilité, de la femme et de la terre (trop cool, le parallèle), vestige subsistant d’un ancien culte païen. On en saura pas plus, mais les gens viennent la prier en grand nombre, la vierge noire. Puis on aime bien l’habiller. Ben oui, parce qu’elle mesure quand même 2m, et que ses vieilles fringues s’effilochaient. Alors on lui a lancé un appel. Mais un appel haute couture, s’il vous plait. Du coup, maintenant, pour le mois de mai, pour le carême, (pour la Noël ?) la vierge noire elle change souvent de robe. Castelbajac, Lacroix… Bon, pas trop dur la vie d’une vierge noire.


  • La fondation Bemberg :
Installée entre les murs de l’hotel d’Assézat, (hôtel particulier érigé au XVIème siècle par Nicolas Bachelier, époque Renaissance, grand architecte toulousain contributeur de nombreuses merveilles du paysage toulousain actuel) la collection privée de Georges Bemberg, (riche diplômé de littérature comparée anglais français de l’académie d’Harvard dont la famille allemande, ayant fait fortune en Argentine dans l’industrie de la bière, lui permit de se poser conquérant dans le marché de l’art, puis de se développer collectionneur et mécène en France, non sans avoir au préalable été compositeur pianiste et romancier tandis que certaines de ses pièces de théâtres se jouent aux Etats-Unis sous les meilleurs hospices de la critique internationale. Bref, un homme éclairé, quoi), se donne à voir sur deux étages.
Introduction à la peinture vénitienne, reconstitutions d’intérieurs Louis XVI, expositions d’objets (mobilier, faïences, boiseries et toutes sortes de curiosités) et galerie de portraits royaux constituent la richesse classique de la collection Bemberg.
Quand à son patrimoine moderne, il s’énonce autours des noms tels que Monet, Pissaro, Boudin, Gauguin, Fantin-Latour, Toulouse Lautrec, Picasso, Degas, Vuillard et Modigliani, ( ça va, quoi !) avec une grande admiration pour le fauvisme en particulier et pour les toiles de Bonnard, dont une trentaine se déploient sous les yeux du visiteur. De nombreuses toiles sont prêtées à l’échelle nationale et internationale pour compléter les expositions temporaires d’envergure et la collection Bemberg s’étoffe au fil des ans, même après la mort de l’homme qui consacra sa vie toute entière à la recherche artistique.
Bref, une collection à voir, donc. Seul petit bémol, l’angoissante interdiction de prendre des photos. Moi, ça me frustre toujours. Place d’Assezat (à mi-chemin entre la Garonne et Esquirol, c’est dur à trouver)


  • La fondation Ecureuil :
Située précisément en plein sur la place du Capitole, la fondation écureuil, siège d’art contemporain après les abattoirs dans la ville, doit ses capitaux à… la caisse d’épargne écureuil. Ce qui ne l’empeche pas d’être un lieu de qualité où s’exposait cette fois ci une artiste de (grande !) qualité : Emilie Faïf.
Beaucoup de poésie et d’imagination dans les œuvres d’Emilie Faïf, le tout saupoudré d’un soucis esthétique qui me rend très réceptive à son travail. Artiste coup de coeur. Très belle découverte.



  •  Le Jardin Japonais
Compas Cafarelli, un joli parc public, avec son jardin japonais attenant. S’y balader c’est venir prendre une dose de sérénité à respirer à pleins poumons. S’y poser pour le repas du midi constitue un luxe d’une volupté assez extraordinaire. Très beau moment de calme et de plénitude. Zen.


Les bonnes adresses 


  • La réserve : petit restaurant aux tarifs très convenables qui empiète sur la rue, dans un joli mouvement de chaises et d’oliviers rétro-éclairés. L’intérieur, très design, donne un effet soigné à ce petit restaurant où les plats le sont également. Tu peux manger dehors, sous les étoiles, ou sous la bienveillance rougeoyante des regards d’E.T et de Goldorak, au choix.  ◆ 8 Rue Jean Suau

  • Au jardin des thés : niché dans un angle de la guillerette place St Georges, venir prendre un thé au Jardin des thés ce n’est pas, comme son nom l’indique, se retrouver dans un jardin pour prendre le thé, mais au cœur d’un très bel établissement richement décoré où se pressent les étudiants à l’heure de sortie des cours. Quand le temps s’y prête, la dégustation se fait en terrasse, sur chaise ou coussin. La carte des thés te noie dans le choix, et tout t’est servi dans un merveilleux petit service baroque aux motifs floraux, rose, boutons de rose & épines. Pour les petites faims, la carte des patisseries est conséquente. Thé aux épices et cheesecake, un instant bonheur.  ◆ 16 Place Saint-Georges

  • Le café des artistes : posés sur la place de la Daurade, au soleil, vue sur la Garonne, on est bien. En plus, on est trop swag : c’est l’un des (si ce n’est pas le) cafés les plus branchés de la ville. ◆ 13 Place de la Daurade



Bref.
Viens poser ton vague à l’âme à Toulouse. Il en ressortira rétrécit.
Le truc à ramener, c’était de la violette. Spécialité de la ville, la violette se décline en thé, liqueur, savon, confit, bonbons et fleurs à croquer aux senteurs paradisiaques. Mais bon, ça coûte un bras, le petit échantillon de violette.
Je n’attendais pas tant de ce séjour. Mais je suis surprise d’en voir autant eu de ta part, petite Toulouse.
Alors merci l’automne, et merci la cité gasconne pour ces quelques jours si lumineux.
Je reviendrai. Parce que j’ai pas fait la cité de l’espace.
Merci Toulouse.



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