26 oct. 2016

Harry Potter and the cursed child

Harry Potter dans the cursed child J.K Rowling potterhead



Ô joie.
La suite des aventures d'Harry Potter. On en rêvait tous. Surtout si comme moi, tu avais chialé toutes les larmes de ton corps en refermant le tome 7, et une part de ta jeunesse avec.

Alors en apprenant que l'auteur avait remis le couvert, j'ai eu des palpitations, comme tous les potterheads de France du monde entier.

Harry Potter and the cursed child n'est cependant pas le 8ème tome qu'on attendait tous. Il ne s'agit que d'un script de pièce de théâtre, actuellement jouée à Londres à guichet fermé sur des mois et farouchement gardée par le hashtag #keepthesecret.

Paru en Juillet 2016 outre-manche et sachant qu'il fallait attendre Octobre pour espérer lire la traduction française chez Gallimard, j'ai pour ma part vite renoué avec les bonnes vieilles habitudes que j'avais fomenté depuis le tome 5, et je me suis procuré la version en V.O, pas franchement déterminée à attendre la sortie française ( et peu désireuse de me prendre un spoil en pleine gueule ).

Dans un anglais très accessible, (bon faut quand même pas être le dernier des polyglottes) j'ai avalé les pages sans vraiment faire appel au dictionnaire, et des quelques mots nouveaux que j'ai appris, je me souviendrai toute ma vie de la traduction du mot "spare".





Le pitch : Lord Voldemort est vaincu. La paix s'est installée durablement. Harry Potter est entré dans la légende. Vingt ans ont passés. Mais pour Albus Potter, fils de l'Elu, rien n'est rose : il peine à trouver sa place dans le monde des sorciers. Alors que passé et présent s'entremêlent dangereusement, une nouvelle prophétie plane sur sa tête : celle de l'enfant maudit.  




Les thèmes : 
 ◆ le poids du passé  le fardeau famiial ◆ l'amitié
 le pouvoir  le temps  la nostalgie  la magie







Article garanti sans Spoilers. Chaque fois que me langue fourche vers l'irrémédiable, je te le signale par le mot SPOIL, et si le coeur t'en dit, tu peux surligner la suite pour faire apparaitre les mots.



Au début, j'ai crié au scandale. J'étais prête au Rowling Bashing. 
Les premières pages sont d'un ennui mortel, dans la même lignée du douteux épilogue des Reliques de la Mort.J'avais l'impression de lire une mauvaise fanfiction, et je me disais mon dieu, mon dieu, mon dieu... pourquoi ce massacre ? 
Pas franchement fan de la tendance next gen, je ne voyais pas pas l'intérêt de suivre l'histoire de la descendance des personnages d'Harry Potter. 

Et puis, au détour d'une page, une petite étincelle.
C'est infime et ne se transformera pas en brasier qui t'étreint durant des heures, mais ça te happe un peu et tu as cette sensation chafouine de déterrer un petit quelque chose qui t'avait manqué.

J'ai retrouvé la Magie de J.K Rowling avec SPOIL la scène où la petite vendeuse de bonbons du train devient redoutable, cette règle dans laquelle le fantastique surgit de l'élément dont on s'y attend le moins. L'équation surprise + magie est infaillible, délicieuse et constitue la marque de fabrique qui a assuré le succès de l'auteur. 

L'histoire devient clairement intéressante à partir de l'Acte I, scène 11. 


  • Les personnages


Si j'ai trouvé certains personnages sans substance, (James Potter, Lily Potter, Rose Granger-Weasley: aucun intérêt), Rowling parvient à nous faire nous attacher aux personnages d'Albus et Scorpius SPOIL, deux loosers qui partagent une amitié hors du commun, les personnages centraux du récit, finalement.

Les personnages secondaires, bien que pas si secondaires que ça, sont nos personnages fétiches, Harry Potter, Ron Weasley, Hermione Granger et Drago Malfoy. 

Si Harry et Hermione ont bien mené leur vie et brillent de réussite SPOIL au Ministère de la Magie, Ron, SPOIL bourré à son mariage, travaille au magasin de farces et attrapes, se ridiculise de pages en pages et ne se définit au final que par sa sensibilité et sa gentillesse. Tristement dommage pour lui, qui n'avait déjà que peu confiance en lui et n'a jamais pu s'extraire de cette situation apparemment.

Malfoy est méconnaissable SPOIL presque gentil, un peu carpette, poète maudit papa poule,
et j'ai aimé ce petit quelque chose d'infime et de discret qui le relit au trio infernal, sous une forme complexe et subtilement amicale. 

Harry est maladroit, pas franchement à la hauteur de son rôle de père, beaucoup trop tourné vers le passé et plutôt agaçant.

Ginny est encore et toujours un pot de fleurs, tout va bien, rien ne change. 

Seule Hermione relève le niveau en devenant un super femme de pouvoir épanouie à qui tout réussit, sans jamais prendre le melon et tout en gardant sa gentillesse et son dévouement habituels.

J'ai aimé retrouver quelques bons vieux potes en les personnages de Snape, Hagrid, Dumbledore et Moaning Myrtle. Cette petite pointe de nostalgie m'a fait sourire. McGonnagal pourtant plus présente, est froide et distante, dommage. 

Delphi Diggory, personnage peu réussi, n'est pas franchement très crédible. 


  • Le format pièce de théâtre


Tu l'auras peut être remarqué, il n'y a pas que le nom de Rowling sur la couverture. Ce texte est co-écrit par plusieurs personnes. Deux acolytes exactement. Jack Thorne et John Tiffany.
Et c'est là où le bat blesse. Si certains affirment que J.K. Rowling n'est pas la plume derrière le texte d'Harry Potter and the cursed child, je défend la position que si, elle l'est au moins un minimum, simplement aiguillée par le metteur en scène et le dramaturge, plus habitué aux formats oraux (théâtre, radio, cinéma) que Rowling dont le style ne se prête qu'aux romans.

Les idées, je t'assure, sont d'elle. A mon sens, ça sent vraiment trop la patte Rowling.
Les descriptions en didascalie, probablement aussi, pour la plupart. 

S'il m'est arrivé plusieurs fois de crier "OOC! Harry n'aurait jamais dit ça comme ça !", je me suis aussi sentie terriblement familière avec les façons dont sont amenés les dialogues.

Au début déstabilisé par les successions de dialogues avec didascalies, on se fait très vite au format théâtre qui, s'il n'est pas le plus adapté à un récit du genre (on aurait bien voulu plus de descriptions, nous ) passe quand même crème.

L'histoire d'Harry Potter and the cursed child, s'étalant sur des années, le format théâtre a l'avantage de se prêter aux nombreuses ellipses que requiert le récit. 


  • L'intrigue



Si on ne devine pas rapidement de quoi va traiter cet opus des aventures d'Harry Potter, la quasi moitié du texte se contente de planter l'équilibre entre vieux et nouveaux personnages.

Car le propos central de l'histoire, c'est le temps. J'ai beaucoup aimé la façon dont Rowling l'exprime, le conçoit et l'explore.

Même si cet aspect des choses accuse beaucoup trop de fan service dans si peu de pages. Tout est tellement tourné vers le passé. Clin d'oeil sur clin d'oeil, ça manque parfois d'un peu de subtilité.
De longs passages se situent au cours de l'épisode du Triwizard Tournament avec une certaine obsession pour Cedric Diggory.

Et comme d'habitude, la marque de fabrique Rowling, c'est aussi une trame d'enquête façon polar au sommet de toute cette magie.

Pourtant peu brillante pour deviner les dénouements d'histoires, l'élément suspicieux, je l'ai vu venir de loin cette fois-ci.

Quant à l'enfant maudit, SPOIL la fille de Voldemort et de Bellatrix Lestrange, Lollilol, si j'ai trouvé l'idée intéressante, elle m'a parut peu suffisamment exploitée. L'intrigue aurait gagné à être prolongée de quelques centaines de pages. Bon ok, plusieurs.

J'ai aimé la magie, le corollaire de l'esprit Harry Potter, qui m'  nous avait tant manqué.

J'ai aimé la noirceur, la gravité de ce texte, dans la lignée des derniers tomes Le Prince de sang mêlé et Les Reliques de la mort.

J'ai été émue SPOIL quand Harry est obligé de revivre la mort de ses parents, sous ses yeux cette fois-ci, main dans la main avec sa femme et son fils. 
J'ai été attendrie SPOIL par le profond amour de Ron et Hermione palpable dans toutes les réalités temporelles du texte.

Et j'ai particulièrement adoré la belle histoire d'amitié qui unit contre toute attente Albus et Scorpius, même si désormais du grain sera à moudre dans le monde de la potterfiction, si tu vois ce que je veux dire.



  • A qui s'adresse donc Harry Potter and the cursed child


Les fans de la première heure, qui pourraient être en âge d'avoir des enfants ? 
Les enfants ou les pré-ado de l'âge d'Albus et Scorpius ? 

Honnêtement quand on se trouve entre les deux, on l'a un peu dans l'os. Déception possible au rendez-vous. Intrigues faciles qui se comprennent rapidement, format court, sujets centrés sur la famille, Harry Potter and the cursed child a quand même de sacrés airs de gentille comédie familiale, loin des frissons que nous donnaient les trois ados dans leurs découvertes.  
Sans doute l'effet est-il plus saisissant avec les décors de théâtre.

Alors oui, je serais bien allée voir sur les planches londoniennes se jouer la pièce, même s'il faut raquer £90 pour ça.Quelques incohérences cependant m'empêchent de m'y précipiter. 
Si Harry est châtain, si Hermione est black, et si Ron n'est pas roux, stop, merci arrêtez tout, les hérésies des sagas, ça a tendance à me rebuter plus qu'autre chose. 





Du bon et du moins bon dans Harry Potter and the cursed child. C'est toujours un plaisir assez palpable de retrouver un morceau inédit d'Harry Potter quelque part. Parce qu'on a grandit avec, parce qu'on a passé des heures en compagnie des livres, parce que l'univers magique nous a transporté des années. 

En résumé, il y aurait carrément eu matière à écrire un 8ème roman, tous les potterhead en auraient certainement été ravis : peu d'univers ont su captiver à ce point depuis la fin de la saga, et rarement quelque chose d'aussi vibrant qu'Harry Potter a été fait sur nos pages/écrans depuis. 

J'ai lu la pièce d'un trait, me suis vite habituée au format script de théâtre, et j'ai franchement passé un bon moment. 

Si j'étais sceptique sur l'idée de la pièce de théâtre (mais qu'elle arrête un peu et qu'elle nous refasse des bouquins bordel tout le monde attend que ça), je salue J.K. Rowling qui, professeur avant tout, a dans l'idée de se servir de sa notoriété pour démocratiser art et littératures boudés par la jeunesse. C'est cool que les jeunes se ruent au théâtre et fassent la queue à Covent Garden comme s'ils allaient voir le concert de Muse au Stade de France. 

J.K Rowling pourrait se reposer sur son empire et nous écrire chaque année le nouvel épisode potterien d'une saga fleuve et infinie. Mais non, elle explore des choses nouvelles, n'a pas peur de prendre des risques et de se viander. En ça, elle a toute mon admiration.

Alors s'est-elle viandée avec Harry Potter and the cursed child ? 
La réponse est non pour moi. BIen que lourd de nombreux défauts et déceptions, Harry Potter and the cursed child possède suffisamment de qualités pour être apprécié de son public de potterhead, et, si je te conseille sa lecture, courte et différente de nos habitudes potteriennes, je t'enjoins à ne pas voir Harry Potter and the cursed child comme le 8ème roman qu'on attendait tous, mais comme un super bonus, une jolie parenthèse nostalgique, ouverte sur le monde des sorciers d'aujourd'hui. 

Le mot de la fin : Je mesure le cadeau qui a été fait à ma génération d'avoir grandit avec Harry Potter. C'est un don, celui du rêve et de la magie, c'est une expérience inédite qui nous aura été fait à nous plus qu'à tous les autres, à l'âge où l'on absorbe le mieux les choses. Et en ça, je me sens vraiment reconnaissante d'avoir eu pour contemporain l'auteur J.K. Rowling.

Je te laisse avec une jolie citation de Dumbledore, la plus belle de tout le récit.  


       " There is never perfect answer in this messy, emotional world. Perfection is beyond the reach of human kind, beyond the reach of magic. In every shining moment of happiness is that drop of poison : the knowledge that pain will come again. Be honest to those you love, show your pain. To suffer is as human as to breathe. "


#keepthesecret







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