12 sept. 2015

MAMO





Parmi les plus belles réussites de la vague Marseille 2013 capitale de la Culture, celui qu'on place haut sur l'échelle de la coolitude c'est le MAMO.

MAMO, pour Marseille-Modulor, alias un musée toit-terrasse au dernier étage de La Cité Radieuse du Corbusier. Créé par le jeune designer marseillais Ora-ïto, le lieu se veut centre d'art contemporain et accueille ponctuellement les oeuvres d'artistes d'envergures comme le plasticien Xavier Veilhan ou le mythique Daniel Buren, pour les deux éditions précédentes.

Cette année, c'est Dan Graham qui était convié pour habiller le toit de la Cité Radieuse. Assez peu connu du grand public, l'artiste américain sévit pourtant en tant que pointure dans le milieu de l'art contemporain avant-gardiste. Il n'est donc pas très étonnant que sa production ait pour visage quelque chose d'assez conceptuel.

Autant te dire que moi, quand j'ai vu les photos de l'expo, je me suis dit foutage de gueule j'y vais pas. Avec la taille de l'espace à habiller, on nous fout une wtf ridicule petite cabine de douche sous le nez et on doit tous applaudir, quoi. Non. Merci, mais non merci.

Et puis je me suis dit, bon, aller, tu n'es pas si sectaire vas quand même y jeter un coup d'oeil, ne serait-ce que pour pouvoir cracher sur Dan Graham en connaissance de cause à l'avenir. Et sur les choix d'Ora-ïto aussi.

Et ben... J'ai ravalé tous mes a prioris.

Le travail de Dan Graham, à des kilomètres de ses prédécesseurs, n'est pas accessible au premier coup d'oeil. Conceptuel, mathématique, minimaliste... Tout ce qui d'ordinaire a tendance à m'irriter la rétine.

Et pourtant.

Comme tout le monde, j'ai été happée par la force de l'oeuvre. Deux cabines s'offrent en spectacle sur le toit.

Le principe ? A priori faire preuve de patience et d'observation. C'est vrai qu'il est beau le design de ses "pavillons" de verre, d'inox et de bois. Epuré, sensuel...

On les pénètre, on en ressort, on en fait le tour, on éloigne son point de vue, puis l'on s'en re-rapproche. Autant te dire que les installations de Dan Graham sont carrément captivantes, contre toute attente. Des reflets, le tien, celui des autres gens, se superposent, se croisent et s'échappent, dans un balais de couleurs et de formes éblouissant, en résonance complète avec la beauté naturelle du site, à cheval entre la mer et les collines.

A ce stade là, tu as bien compris que le titre de l'expo "Observatory/playground" prend tout son sens. A l'intérieur de l'espace à résidence permanente, une rétrospective des oeuvres phares de Danny en maquettes de plastique.

Un peu gâchée qu'en ce jour de grand vent et de ciel assombri, je n'ai pu que peu profiter de l'ampleur de l'oeuvre comme en témoignent mes pauvres photos. Je m'étais dit que j'allais y revenir un jour de beau temps. Et puis... justement le temps m'a manqué.

Notons tout de même qu'à l'heure où j'écris cet article, une des deux installations fait route pour Paris, où elle sera déployée sur la place Vendôme en Octobre, le temps de la FIAC hors les murs, comme le fut son prédécesseur de l'an dernier, le plug anal de Paul McCarthy.

Remercions donc Dan Graham et Ora-ïto pour nous avoir donné une sacré leçon sur les a priori du regard à l'encontre de l'Art Contemporain.

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Observatory/Playground, Dan Graham

MAMO- Centre d'art de la Cité Radieuse
280 boulevard Michelet, 13008 Marseille
Du 14 Juin au 20 septembre 2015


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