7 janv. 2016

Tale of Tales



Un film fantastique italien. Tiens, tiens, c'est plutôt rare, ça. Il a l'air d'un joyau, celui-là.

Adaptation d'un recueil d'histoires fantastiques, Il Raconto dei Raconti de Giambatista Basile, dans la lignée de ses contemporains Grimm, Perrault et Andersen, c'est tout un univers de contes européens baroques plutôt inconnus qui s'offre à nous.

Présenté à Cannes en 2015, la critique est sous le charme, comme elle est divisée à mi-chemin entre le waaaaaouh et le what the fuck ?

Ce qui séduit de prime abord, c'est les images, pour le plaisir des sens. Univers graphique noir et romantique, avec des couronnes et des costumes, de l'érotisme et des châteaux.

Magnifique, lyrique et poétique, la qualité est au rendez-vous. Les décors, les costumes ainsi que le physique assez particulier de certains personnages posent une ambiance intrigante.

Trois histoires parallèles qui finissent par se recouper pour la scène finale, où les personnages deviennent victimes de leurs désirs.

Les thèmes abordés sont intéressants : l'obsession, la vanité, le poids du temps, l'abandon. 

Le casting est surprenant. Des visages connus du box office (Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones...) dans des rôles assez déroutants.

Onirique et contemplatif, on s'ennuie parfois. Certaines scènes sont languissantes.

Avec sa petite musique de carillons (Alexandre Desplat, svp...) l'univers reste énigmatique, trouble. On ne sait pas trop où l'histoire veut en venir.

Certaines intrigues ne sont pas résolues ni expliquées, le tout forme une plongée dans l'étrange et la cruauté.

Le film reste tout de même un ersatz dans le paysage cinématographique contemporain (film fantastique qui se veut de grande envergure tourné en anglais mais ne mise pas sur les effets spéciaux et ne développe pas du tout ses personnages).

J'ai aimé l'onirisme et le sublime, le fantastique dans les péripéties traversées par les personnages plus que l'immoralité fatale de ces contes qui me laissent tout de même perplexe dans leur volonté de laisser les choses inexpliquées.

Si toi aussi tu éprouves une irrésistible et terrible attirance pour l'univers des contes fantastiques, tu seras servi. Mais remember, cinema italien. Ça veut dire qu'on est loin du traitement blockbuster US avec dragons et effets spéciaux.

Personnellement, j'ai trouvé ce film aussi fin et savoureux qu'étrange et déroutant. 

Tale of tales se prête parfaitement aux périodes post-fêtes de Noël si tu as 2h à tuer, enroulée dans un plaid avec du thé parfumé.




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