30 avr. 2015

Le confident ◆ Hélène Grémillon


Au commencement, rien de particulièrement frappant.
Un simple roman comme un autre. Et d’ailleurs, la couverture comme le titre, n’ont rien en eux de très attirant, et si on ouvre Le confident, c’est plus par curiosité que par conviction. Et pourtant ! La qualité est au rendez-vous.


◆ Camille vient de perdre sa mère. Pour elle, le deuil est difficile. Et ce n’est pas l’affluence de lettres de condoléances qui vont y changer quelque chose. Cependant, au milieu de cette pile, une enveloppe se distingue. Le papier est plus épais, la couleur plus crémeuse, les lignes manuscrites et alambiquées. Aucune signature. Juste un récit. Un récit d’enfance, en France profonde, à l’aube de l’occupation allemande. Puis une fin abrupte. Et la coquetterie d’une suite envoyée chaque semaine. Très vite, un cycle épistolaire s’installe. Ce sont des bouts d'une histoire troublante, romanesque qui lui sont envoyés mystérieusement par courrier.

Fébrile, Camille attend sa lettre tous les mardis. Mais le doute l’assaille. A-t-elle à faire à un auteur très doué pour les belles histoires ou chercherait-on à lui faire passer un message sur les origines de sa naissance ? ◆



Les thèmes :
 le secret  la féminité 
 la maternité ◆ l’amour inconditionnel
  seconde guerre mondiale


Clairement, j’ai adoré. 
Surprise du début jusqu’à la fin. L’histoire est très prenante. Racontée du point de vue d'un petit garçon transi d’amour pour une fille dont il ne saura jamais se détacher en grandissant.

Le roman se scinde en deux parties. La même histoire, issue de deux points de vue différents. Et c’est de cette dynamique que le roman tire sa force. Mon esprit s’est perdu entre les deux versions. Entre ce très romanesque combat de femmes haletant et très bien écrit. 

Le style est simple, fluide, digeste. Très agréable à lire. 

Les personnages : complexes, entiers, extrêmement crédibles.

Annie. Le personnage principal. Dépeinte comme une merveilleuse jeune fille, tout comme une rustaude, il y en a elle quelque chose d’attendrissant qui donne au lecteur l’envie de prendre fait et cause pour elle, alors que l’instant d’après, ses coups de tête te poussent à vouloir la tarter. Depuis l’image volontairement trouble tissée par l’auteur, il m’a été personnellement très difficile à déterminer si j’avais réellement de la sympathie pour elle.

J’aurais voulu secouer tout le monde, pour qu’enfin quelqu’un s’aperçoive que le pivot central de cet équilibre, c’était Nicolas. Et qu’il est cruel de laisser dans l’ombre les gentils garçons dévoués. Que tout le monde se soit servi de lui à outrance sans qu’il hausse un sourcil, c’est nul. Oui, c’est nul cette tendance à accepter le destin, à s’auto flageller, à ne jamais haïr, jamais riposter.
Mais Nicolas c’est la grandeur d’âme. L’abnégation. Avec des couilles. Un homme, un vrai. Team Nicolas.

Puis, Madame M. Sa froideur métallique. Son intelligence. Ses mensonges aisés, cette nature manipulatrice. On la déteste, tout comme on la comprend tellement. Le personnage, tout en contraste et nuances, est vraiment très réussi.

Le dénouement : Fin plus ou moins ouverte. C’est comme si l’impossible était d’une évidence glaciale. J’avoue ne pas avoir réellement compris la tournure de fin. Appelons ça une fin avortée. {Libre à toi de me l'expliquer, si tu as échafaudé une théorie.}



Contre toute attente, Le Confident n’est pas un roman féminin. Lauréat de cinq prix littéraires français, traduit en vingt-sept langues, capable de captiver tout un large public par cette histoire très humaine, je n’hésite pas à le recommander à un lectorat masculin qui saura également se délecter de ces pages.

Bref. Un récit tellement captivant. Une profonde réflexion sur le désir d’enfants, de part et d’autre d’un âge où personne n’a en main les clés de son destin. A lire absolument. 

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