10 mars 2016

The Assassin



Tout me faisait frémir dans cette affiche et cette bande annonce.
J'avais la sensation de retrouver une partie de moi, celle de l'époque où je mangeais, respirais et dormais chinois à la fac, en plein pendant mon âge d'or du Wu xia pian. Trouvé en V.O au cinéma indépendant de la ville, j'y ai couru (avec une algodystrophie, façon de parler) tant que j'ai pu.

Et bien, dans le genre déception...

Le pitch : Yinniang revient dans sa famille après de longues années au couvent où son éducation a été confiée à une nonne. Pas franchement basée sur l'art de servir le thé à la bonne société à laquelle son futur appartient, la nonne a initié Yinniang aux arts martiaux, dans le plus grand secret. Ce qui lui sera bien utile, lorsqu'elle apprendra qu'en son absence, son promis a rompu ses engagements et s'est marié avec une autre, dans l'idée de gagner du pouvoir face à l'autorité faiblissante de l'empereur. Privée de ses droits comme de son futur, humiliée aux yeux de la noblesse, Yinniang devra-t-elle sacrifier l'homme qu'elle aime pour maintenir son avenir dans l'Ordre des Assassins ?  

Je ne rappelle pas m'être déjà autant ennuyée devant un film, de toute ma vie. Le temps me paraissait long, et mes paupières devenaient lourdes, lourdes...

Friande d'instants contemplatifs habituellement, j'ai trouvé ces chapelets de scènes interminables. Elles se comptent en minutes, des minutes d'images immobiles. On frôle un peu trop l'art contemporain. Dans un musée, c'est intéressant car accompagné d'un concept. Dans un wu xia pian, c'est barbant et porteur de vide.

Heureusement, l'image sauve le tout.
Mes yeux s'accrochaient partout, sur tous les détails, décors, costumes, qui foisonnent à tout rompre.
Et oui, The Assassin mérite sa palme de la mise en scène à Cannes, édition 2016. C'est beau, c'est fin, c'est artistique, c'est incroyable, c'est virtuose. Au point d'en perdre parfois l'attention du spectateur.

Fan de Shu Qi depuis Tian tang kou, l'actrice est d'une beauté et d'une sensualité incroyables, tant sous les traits d'une chanteuse de cabaret en déshabillé sexy qu'en main assassine enfouie sous les couches de vêtements. La lumière accroche tellement bien son visage, qu'on a envie de la boire, d'être elle, de la b...  de suivre et soutenir son personnage, quoi qu'il arrive.

Chang Chen, celui que j'aurais bien suivi dans le désert, un de mes acteurs chinois préférés depuis son jeu dans Tigre et Dragon. "Jiao Looooong, viens avec moi dans le déseeeeeeert !" est pourtant ténébreux à souhait pour une victime, et sa noblesse d'esprit dans cette situation bien compliquée ne fait qu'accroitre la valeur de son sex appeal personnage.

Typiquement, j'en ai pris plein les yeux. Tous les éléments du Wu xia pian dans sa grande tradition comme je les aime sont réunis dans The Assassin. Et pourtant, la sauce prend peu, du fait d'un rythme vraiment un peu trop lent, et c'est une amatrice des tons lents / contemplatifs qui le dit... Dommage.

A noter que mon chinois devient vraiment mauvais, j'ai pas réussi à suivre le quart de la V.O.

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