( Essayer de ) bien vivre le confinement

8 avr. 2020

( Essayer de ) bien vivre le confinement lafianceedelarbre


Le confinement. Un mot sur toutes les les lèvres, un mot qui brûle, un mot affolant. Le confinement.

Son annonce en tant que mesure exceptionnelle pour tenter d'enrayer l'épidémie de Corona virus nous aura probablement tous pris de cours. Passés les sentiments de révolte, de déni et de désoeuvrement, l'acceptation finit par faire son chemin et peu à peu (j'espère que) tout le monde s'accorde à dire qu'il s'agit d'une mesure nécessaire et qu'il faut désormais apprendre à danser sous l'orage plutôt que de se plaindre de la pluie.

Nous ne sommes pas tous égaux face à l'idée de devoir rester chez soi. S'enfermer, vivre entre quatre murs, c'est déjà le mode de vie et le grand plaisir de certains d'entre nous, mais c'est aussi (et surtout?) le pire cauchemar d'une bonne partie de la population. Clairement, je fais partie de ce bord-là. Etre statique ? Non, merci mais non merci, ça ne m'apporte rien et ça m'enlève tout. J'ai toutes les peines du monde à rester en place. J'étouffe très vite, privée des horizons du dehors.

Pour moi la vie se joue à l'extérieur et rester entre quatre murs est un appauvrissement. Paradoxalement, mes activité préférées, ma nourriture émotionnelle et intellectuelle sont plutôt des activités d'intérieur. Dessiner, lire, peindre, écrire... bref des activités créatives d'introvertie. 
Pour autant, j'ai l'impression que ces bonheurs ne pèsent pas lourd face à l'appel de la liberté. Ou plus exactement, qu'ils me sont difficilement accessibles si je n'ai pas la possibilité de me ressourcer et me nourrir de l'extérieur.

Le confinement, pour moi c'est un acte II. Enfermé chez soi, c'est un bis repetita dans ma vie encore bien marquée par l'algodystrophie logée dans ma cheville droite.
Alors non, je ne découvrirai pas des forces et sentiments insoupçonnés en moi, je ne serai pas surprise de voir que l'être humain possède en lui de nombreuses ressources pour lutter contre l'adversité, et je ne serai pas émerveillée par ses grandes facultés de résilience. Toutes ces leçons, je les ai déjà apprises durant ces deux ans de quasi emprisonnement dus à ma maladie. De mon côté, je m'étais plutôt dit "merci pour ces enseignements, mais plus jamais" : je redoutais vraiment de revivre un jour un confinement, à vrai dire.





Intuitivement, peut-être dans cette optique-là ou tout simplement en prévision de ces moments de désespoir, je me suis gardé des plaisirs. J'ai pris ce réflexe, cette habitude depuis quelques années : me mettre de côté des plaisirs. Des petites choses qui, je le sais, me plairont, me feront rêver ou voyager. Au lieu de les engloutir tout de suite, de les consommer, j'aime à les garder sous le coude, pour le jour où ça n'ira pas, et que j'en aurais vraiment besoin. 

Des romans, des films, des saveurs en cuisine, un parfum pas encore ouvert, un bel objet pas encore utilisé... Ils se glissent dans un coin de ma tête et attendent le bon moment pour se rappeler à moi. Un moment où toute mon attention leur sera dédiée, où ils seront écrins de bien-être.

Et lors des mauvais jours, je me suis tellement bénie félicitée d'avoir fait ça. Ces jours où la douleur de l'algodystrophie était au plus fort j'ai savouré ces plaisirs, qui m'ont servi de bouée de sauvetage et m'ont clairement évité la noyade dans la dépression. Je continue précieusement cette habitude, ne sachant pas trop où placer le curseur : dois-je piocher dans cette liste dès maintenant, ou attendre encore en prévision d'un sombre et dangereux plus tard ?


◆◆◆

Jusqu'à présent, les journées se sont passées entre légers symptômes du virus, apathie générale et désoeuvrement, d'une régularité difficile à avaler. La lecture de mes vieux LeMonde Magazine le matin, qu'est-ce qu'on mange a midi ? les heures creuses de l'après-midi, le live sportif de 18h sur instagram, les applaudissements de 20h à la fenêtre, qu'est-ce qu'on mange ce soir ? et les épisodes de la série du moment. On a bien-sûr coupé les informations et préfère suivre l'actualité sur twitter et les réseaux sociaux, entre deux memes à mourir de rire qui me font oublier que je m'inquiète aussi pour les membres de ma famille parmi lesquels on compte 4 soignants quotidiennement au front.

L'appartement est grand, heureusement, mais quelques mètres de balcon n'auraient pas été du luxe. Les pauses cigarettes sont trop fréquentes, il n'y a jamais eu autant de joggers dans la rue et le tout commence à prendre des allures de Sortez-moi de là, mais bon.









Le confinement, c'est aussi l'occasion d'essayer autre chose, un mode de vie, de pensées différent. Une sorte d'expérience, aussi. Je crois fermement qu'on peut essayer de le voir comme une opportunité. En tous cas, il vaut mieux essayer de le voir comme tel. 

N'en déplaisent à ceux qui trouvent "indécent" la parole des artistes et intellectuels s'essayant à cette pratique aux airs d'étude sociologique (s'il fallait arrêter de produire de l'art parce que plus modeste que soi souffre, il n'y aurait jamais eu de place pour l'art en général dans la société et il me semble que tu es bien content de pouvoir regarder des films, lire, voir des photos et écouter de la musique pendant ton confinement, n'est-ce pas ?)

Je me rends compte cependant que lister les choses à faire n'est peut-être pas la meilleure des idées. Le gigantisme des listes porte toujours en creux sentiments d'impuissance et de culpabilité, car pour réussir à faire tout ça, il faudrait plusieurs mois de confinement, à vrai dire. Nous ne savons pas jusqu'à quand durera la situation, mais j'ai bon espoir d'être libérée au mois de Mai, n'est-ce pas ? 
Quoi qu'il en soit, voici quelques idées dont s'inspirer pour essayer de bien vivre le confinement.


Faire de la place, organiser son espace et son esprit :

chez soi
- faire un grand ménage de printemps (le truc que je dé-teste)
- désencombrer le surplus
- trier et ranger les placards
- trier ses vêtements et ranger le dressing
- faire des photos des choses à vendre
- laver les vitres (on en est là, quoi...)

virtuellement
- vider ses e-mails, se désabonner des newsletters chiantes
- archiver et cleaner son téléphone
- archiver et cleaner son ordi
- archiver et cleaner sa tablette
- organiser le back up et le système de sauvegarde de ses données
- trier ses photos





Soigner sa présence en ligne :

- rafraîchir son site internet
- soigner son compte instagram
- mettre à jour son compte Linkdin
- améliorer son blog
- rattraper son retard sur les articles à publier





Commencer un projet artistique :

- peindre un tableau
- commencer à écrire un roman
- terminer un de ses vieux écrits
- commencer une série illustrative
- avancer dans ses projets, quels qu'ils soient




Prendre le temps d'être créatif : 

- faire des DIY avec ses mains
- essayer des nouvelles recettes de cuisine (le compte d'ocydose)
- apprendre à coudre ou à broder ou à tricoter




Se faire plaisir autrement : 

- se faire des goûters healthy ou régressifs
- se faire des apéros festifs
- se faire des cocktails maison (la chaîne youtube de notre pote barman Nico)
- s'accorder une danse de confinement tout seul devant son miroir (si, si)
- se concocter des bonnes playlists
- rire et se gaver de memes, comme on avait tellement ri sur les réseaux sociaux avec Jawad, pendant les attentats de 2015





Prendre le temps de faire des listes :

- faire une vraie bucking list
- faire une liste de voyages qu'on a envie de faire
- faire une liste des livres qu'on a envie de lire
- faire une liste des films et des séries qu'on a envie de voir
- faire une liste des restos qu'on ira tester après le confinement





C'est aussi l'occasion de faire ces 100 choses qu'on remet à "un jour" : 

- lire la pile de magazines qui traine depuis des années sur l'étagère
- faire des albums photos de ses photos de voyage sur blurb
- regarder des vieux films en noir et blanc
- terminer ses chapitres (très) en retard d'une série narrative abandonnée (Naruto dans mon cas)
- trier les affaires encombrantes et les descendre à la cave / les monter dans la chambre de bonne
- réparer les trucs qu'on avait laissé de côté pour s'en occuper "un jour quand j'aurais le temps"
- se refaire une série qu'on a beaucoup aimé (Doctor Who dans notre cas)




Vivre plus lentement, s'accorder des pauses :

- garder le contact avec ses proches
- renouer le contact avec ses connaissances
- faire des visites virtuelles des grands Musées
- trainer sur pinterest
- faire des auto-massages de son visage
- commencer la cohérence cardiaque et / ou la méditation
- essayer de faire pousser ses légumes
- accorder plus de place à ses émotions : mieux les écouter, les écrire dans un journal ?
- lire toute la journée sans culpabiliser
- regarder des films et des séries, bien-sûr



S'entrainer à être meilleur : 

- améliorer sa prononciation en anglais
- s'entrainer à la calligraphie chinoise
- commencer un challenge sportif via youtube ou ailleurs (les lives de 18h du compte trainsweateat)
- regarder toute la filmographie d'un acteur et/ou d'un réalisateur qu'on aime bien
- s'améliorer en cuisine
- apprendre à cuisiner des plats compliqués
- apprendre un peu mieux à maitriser la perspective
- apprendre à mieux gérer un logiciel (Lightroom dans mon cas)
- apprendre à faire des videos



Se cultiver : 

- se former en s'inscrivant à des MOOCS en ligne
- lire des romans classiques en e-books
- regarder les documentaires en replay sur Arte
- lire des livres de développement personnel
- regarder tous les Secrets d'histoire
- écouter des podcasts



Prendre soin de soi :

- commencer à passer au naturel et/ou au zero déchet dans la salle de bain
- commencer à penser sa garde robe de la prochaine saison
- faire des rituel green sur ses cheveux (Daphne Narcy, indeeed)
- se mettre de la crème sur le corps
- faire des gommages plus régulièrement
- faire des bains d'huile cheveux plus régulièrement
- faire soi-même sa crème : DIY chantilly karité corps
- faire soi-même son shampoing : DIY shampoing solide
- faire une cure de masque cheveux et peau : DIY Aloe vera
- réfléchir à soi, à mieux se connaitre, faire du journaling ou des tests de personnalité 


Bon courage à tous.