Trois ans d'absence...
On dit désormais des blogs qu'ils appartiennent à une ère passée. Qu'instagram les as tués et que tiktok les as enterrés, bref que les formats courts, et notamment les vidéos ont pris le pas sur ce format long, plus pérenne de l'écriture. C'est vrai. Plus grand monde ne s'intéresse aux blogs, la fourmilière s'est déplacée durablement ailleurs, sur les réseaux sociaux, et je m'inclus dans ce nom commun, je ne consulte plus aucun blog depuis des années.
C'est dommage, c'est vrai, mais ça se comprend. Il est tellement plus rapide d'enclencher un reel, de scroller de photos en photos pour de l'inspiration ou de l'information plutôt que d'écumer les blogs face à son ordinateur.
Pourtant, je ne sais pas vous, mais moi cette ère ultra connectée ne me satisfait plus tant que ça. Accro comme une zombie à mon téléphone, j'y passe un temps à faire rougir un caché d'aspirine, happée par un gouffre que je ne m'explique pas et dont je retire si peu au final. Et malgré le bloqueur de temps installé sur le téléphone, on est loin des 1h que je tolère de m'accorder quotidiennement, ce même bloqueur affichant parfois des chiffres horaires impressionnants dans leur rapports hebdomadaires.
On nous rabâche que l'usage des réseaux sociaux à outrance nous fait du mal. On sait. Perte de concentration, anxiété, auto-dépréciation, déprimes, addiction à la dopamine, et perte de vue et de mon bon niveau d'orthographe pour ma part... Et pourtant, on y retourne à outrance comme de bons junkies. On aura beau faire des digital detox, lutter tant soi peu contre le phénomène, quelque chose là-dedans nous y fait y retourner et replonger, un peu comme si le cri du monde, la fourmilière humaine nous excluait une fois loin du téléphone.
Pour ma part, je me rends compte que j'ai bien envie de dépasser ça, de revenir en arrière sur ma consommation des réseaux sociaux, au temps où ils ne m'en volaient pas tant. J'imagine que j'aspire à un entre-deux, un équilibre où les réseaux sociaux m'habitent plus sainement et où loin de leur brouahaha plaisant mais parfois drainant, il me reste mon espace à moi sur internet, celui où j'existe à ma façon loin des diktats des algorythmes.
Un espace de temps long, un espace de l'écrit, un espace qui perdure. Un espace d'archives et de plaisirs, un espace immortel, où s'allonger et ralentir, faire échec aux injonctions à courir après le temps pour tout rentabiliser, tout maximiser et en vouloir toujours plus.
Je crois que j'ai toujours considéré ce blog un peu comme un carnet, écrit et arrosé d'images, plus pour moi, à destination de mes yeux, que pour les autres. Que tant mieux s'il plait, mais comme les écrivains je crois, je n'écris pas pour être lue, j'écris pour moi-même et tant mieux si on me lit et qu'on aime ce qu'on y lit. Raison pour laquelle j'imagine, je n'ai jamais vraiment cherché à développer ce blog, au cours de ces un peu plus de (OMG) 10 ans d'existence.
Mais voilà, je crois que cet espace rien qu'à moi, ce temps d'écriture face à moi-même me manquait, ce blog me manquait tout simplement.
Dans cette era lassée des videos courtes qui tend à revenir vers l'analogue, quelqu'un a aussi prédit le retour en force des blogs. Je ne sais pas, peut-être. Tant mieux, tant pis, peu importe. Quoi qu'il en soit, je reviens par ici, et peut-être qu'enfin, j'y trouverai mon ton, mon rythme, la forme idéale pour donner corps à ma vision, mon envie profonde de développer une esthétique, une pensée, une signature très personnelle de ce passage sur terre.
Y a-t-il encore des lecteurs par ici ? Si oui, faites-moi signe et à bientôt !

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