23 avr. 2015

MAMAC #Nice















A l'occasion d'une petite virée à Nice, en ces beaux jours d'Avril, il t'est fortement conseillé, pour nourir ta bouffée d'art, d'aller faire un tour du coté du MAMAC, le Musée d'art contemporain niçois. 

Plebicité dans toute la French Riviera, on sait qu'on y trouve du Matisse, du Picasso, du Klein, du Rauchenberg, du César, du St-Phalle, du Christo, et même du Ben, le petit gars qui écrivait au blanco sur fond noir dont on voulait tous avoir l'agenda dans les années 2000. 

Petite immersion dans les collections permanentes et temporaires du MAMAC. 

Le MAMAC de Nice c'est un grand bâtiment érigé dans les 90ies pour l'occasion, habillé sur trois étages de peintures, sculptures et installations d'avant garde des années 50 à nos jours. 

L'architecture intérieure, bien que poussièreuse, (le premier étage m'a fait penser aux murs abandonnés de la Fondation Vasarely d'Aix-en-Provence, ce qui n'est pas un compliment en soi...) dissimule quelques trésors si tu arrives à franchir le pas de cet étage décharné, la collection temporaire " Collectors du tableau à l'objet". 

La temporaire, cette fois ci axée, à l'occasion du 25ème anniversaire du musée, au coeur d'un dialogue sur le fond de la collection permanente bla bla bla on comprend rien ça nous soule, nous ça a plutôt donné envie de faire demi tour, de chier sur l'art moderne et d'aller boire un verre en terrasse au soleil. On est très loin du choc esthétique attendu des commissaires de l'expo.
C'est tapageur dans les gros titres, mais soyons francs. Tu ne trouveras qu'un Warhol et qu'un Lichtenstein, et ce ne sera franchement pas leur meilleur. A l'unanimité, le premier étage, on a détesté. 

Mais ça devient intéressant à l'étage suivant. On croise du César, avec ses voitures compressées. En tant que Marseillaises, César, on connait plutôt bien. 

L'espoir Matisse ne se fera pas de ce bord, tu n'en verras pas un seul. L'artiste, ayant eu sa grande période niçoise, est exposé plus loin dans la ville, dans son propre musée, le Musée Matisse. 

Ca et là, quelques résidus de grands artistes sont observables. Bernard Pagès, Robert Malaval (j'aiiime), Rebecca Horn (j'aaaaaaaaiiiiime ), Christo et sa folie de l'emballage...  

J'ai même trouvé avec stupeur, un truc composé de matières que j'avais pris pour des agrumes séchées au premier regard, mais en se rapprochant de plus près, on s'est rendu compte qu'il s'agissait de moelle épinière et d'os découpés en rondelle au service de la mode. Puis j'ai regardé le cartel, et j'ai compris. Des os pour faire des robes. C'est normal, c'est du Jan Fabre.


Mais le coup de coeur est ailleurs. 


Ben


Dans les années 2000, on voulait tous un agenda Ben. Dans le genre artiste qui ne se casse pas trop la tête, Ben c'était toujours une écriture au blanco sur fond noir, et tout le monde adorait ça. Et c'était foutrement intelligent, son concept.

Ben, c'est un niçois. Alors forcément, un culte lui est plutot rendu là-bas. Sa main a designé les arrêts de tram. 
Au MAMAC, "la cambra" une box/ un chambre décorée par son art est observable. Drôle et intelligent, parfois beau. Assez mpressionnant. 


Niki de St Phalle 

Niki de St Phalle, j'ai toujours détesté. J'ai toujours trouvé son art aberrant et ses nanas multicolores hideuses. Avoir à l'étudier pour l'option art plastique du Bac général m'avait refroidi mon amour de l'art et ma conviction d'être à ma place dans cette option, et me retrouver face à face avec sa fontaine Stravinsky derrière la place Beaubourg avait bien faillit de me faire perdre confiance en l'art. Pour sa grande expo au Grand Palais, j'avais longuement réfléchi à m'y aventurer ou pas, et quand j'avais finalement tranché, c'était trop tard. Oh, c'est teeeeeellement dommage !

Et pourtant, Niki de St Phalle, scénographiée telle qu'elle l'est au MAMAC, avait plutôt l'air intéressante comme femme. Avec stupeur, je me suis découvert une adoration pour son travail pré-figuratif de ses horribles "nanas". Poésie, belles matières texturées, teintes sombres, esthétique torturée. Miaou, j'adhère. 



Yves Klein 

Mais la richesse incontestable du MAMAC, c'est sa salle Klein. Pâmoison pour le bleu Klein. Inimitable, inégalable, intense et captivant. Une des rares couleurs ayant le pouvoir de mettre d'accord un trio de rétines très différentes les unes des autres. A celle qui ne voient que de l'ennui dans les teintes sombres comme à celles dont les yeux fondent comme neige au soleil face aux couleurs flashy. 

 En quelques panneaux explicatifs, on nous résume Yves Klein.  

Ses happenings coup de poing. Comme "Le saut dans le vide", impressionnant photomontage d'une époque sans photoshop.  

Et ses très connus Anthropométrie de l'époque bleue, en deux étapes. Etape 1) peindre sur des corps de femme et étape 2)  les faire se jeter, s'allonger, se prélasser, se trainer sur les toiles en public. 

Nous, on est restée un bon moment devant l'Anthropométrie (ANT 84) en cherchant à deviner dans quel sens les femmes avaient étaient trainées sur la toile, essayant de répérer les jambes, les seins, le pubis et le nombre de passages nécessaires à la composition. 

Grand moment pour moi dans le face à face avec l'arbre mort bleu Klein. Rien à dire, sinon que la perfection se situe selon moi dans cette zone là de l'imagerie visuelle planétaire. 

Coup de coeur pour la Venus bleue, l'éponge bleue, et la victoire de Samothrace bleue. Ces objets, moletonnés et peints, griffés années 60 et pourtant parfaitement en vogue en 2015.

A noter l'ingéniosité de sa remarquable utilisation de l'IKB (international Klein Blue) avec la feuille d'or, pour un contraste saisissant. 

Ce pigment bleu fascinant, contenu dans du verre, moi j'aurais pu l'observer pendant des heures. 

Standing ovation pour Klein. 


Sur ton chemin ne manque pas le dernier étage, une vue imprenable t'est offerte sur toute la ville.

Du coup le verdict sur le  MAMAC ? Musée à voir ! 
Le ticket d'entrée à tarif individuel te coutera 10€ et ok c'est bien cher et y a de quoi hurler au scandale. Mais garde en tête que ce ticket t'offre d'autres avantages. Notamment l'accès au musée Matisse et au Palais Lascaris, ainsi qu'aux nombreuses annexes de galeries du MAMAC, que nous on a pas eu le temps de voir. 

... Tout ça donnerait plutôt envie de retourner à Nice. 



Parfois je suis optimiste et je pense : 
◆ l'art nous apporte ce qu'il nous manquait◆ l'art est un cri de vérité
◆ l'art est la découverte de l'autre
◆ l'art est une rencontre inoubliable
◆ l'art nous prend à la gorge
◆ l'art nous fait rire aux larmes
◆ l'art nous rend nos racines
                                                                                                                             Ben 


Musée d'art contemporain MAMAC 
Place Yves Klein 
06364 Nice


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