Un week-end à Venise : carnet de bord

7/23/2018





A l'origine de ce voyage, un anniversaire. Celui de ma Mamie. 80 ans. Il fallait à tout prix marquer le coup. Mamie n'a pas souvent voyagé dans sa vie. Son délire, c'est plutôt la nature et la montagne. Avec Papy, ils ont arpenté en caravane tous les coins de montagne imaginables en France. Avec Robert, son nouveau compagnon, ils partent camper dans des coins paumés où le réseau ne passe pas en camping car. Un peu beaucoup aventurière, cette Mamie.

Pourtant, elle n'a pas souvent mis le pied hors de France. Parler une autre langue, se confronter à une autre culture, prendre l'avion et se laisser guider par le charme d'une ville historique, ce n'est pas du tout dans ses habitudes. Mais il fallait à tout prix marquer cette date, ne pas l'oublier, en l'hommage à toutes les autres dates qu'on a trop peu célébré. Quoi de mieux que Venise pour éblouir ses yeux ?

Organiser ce voyage à quatre voix, en sachant que la mienne n’était pas si légitime, ne fut pas si facile. Cinq genres différents, cinq univers qui ne se rencontrent pas lâchés ensemble, étroitement liés sur trois jours. Voyager en famille. Qu'entre filles. Sur trois générations. Je redoutais la cordialité de l'entente. J'avais tort et raison à la fois. Les différences générationnelles, c'est toujours un peu le choc des cultures. Il n'est pas toujours aisé d'être la plus jeune. Il n'est pas très avisé de voyager avec ses ainés. Une curieuse expérience à vivre, qu'une fois pour ma part.








Le lever est rude. Le trajet long jusqu'à Nice et l'impossibilité de dormir dans le car se fait sentir. A l'aéroport, je n'ai jamais autant été en avance de toute ma vie. On se paye un petit déjeuner chez Jamie's italian. Porte d'embarquement, il est l'heure. Nous embarquons dans l'avion. Mamie, sereine face à son hublot ne tremble pas au décollage. On dirait qu'elle a fait ça toute sa vie. J'en suis bouche bée. Le vol ne dure qu'une petite heure. L'atterrissage est doux et la véritable aventure commence à l'aéroport Marco Polo.


Ni une, ni deux, nous trouvons nos billets de navette pour rejoindre Venise par l'ATVO. Un quart d'heure plus tard, nous sommes aux portes de la ville, Piazza Roma. Ici les rails et les roues s'arrêtent. Place aux chaussures qui frappent le pavé et aux bateaux sur les canaux.








Cinq six ponts, des rues pleines de gens, des magasins, et déjà de la fatigue dans les jambes.

Nous arrivons àl'église SS Apostoli au bout de la Strada Nuova, notre point de RDV. Avec un peu de retard, l'hôte Air BnB vient nous chercher, nous guidant jusqu'au Campiello del Remer, au bout duquel une toute petite rue étroite, la calle Remer abrite notre appartement en bord du canal. Propre, lumineux, neuf et au rez-de-chaussée, l'appartement est aussi beau que bien équipé. Nous nous y reposons quelques minutes. Il est déjà 16h.

17h, nous sommes prêtes à arpenter la chaude Venise. Direction le Rialto, à un quart d'heure de marche. Rapidement, nous nous perdons dans le dédale des rues. Je guide par Google Maps, mais mes tantes n'ont pas confiance et préfèrent s'en remettre à leur carte routière. J'économise ma batterie et incarne donc le rôle du back up en cas de problème.





Les premiers canaux et les premières gondoles apparaissent très vite. Mamie semble fascinée. Nous les regardons défiler dans les rues avec curiosité. Il y a quelque chose d'hynoptisant dans ces allées et venues sur l'eau. La balade est agréable. Le charme des petites rues et de ses ponts est incroyable.

Je scrute les moindres détails, m'aventure derrière des portes ouvertes, me laisse emporter par la magie des murs et de leur histoire.

Les italiens, comme à leur habitude, sont incapables de parler normalement. Ils hurlent dans les rues, sans raison, le plus naturellement du monde. Un brouhaha incessant berce nos oreilles.










Nous débouchons sur le pont du Rialto. Sa magnifique architecture surplombe le Grand Canal. Les touristes débordent sur les marches des escaliers. Nous les escaladons avec courage, conscientes de devoir faire une croix sur la photo rituelle.

J'observe les comportements des touristes. Les plus classes sont les asiatiques. A fond dans leur rêve romantique, reines de l'instagram, elles arrivent à trouver le bon angle et la bonne pause pour une photo des plus réussies. Je leur envie le beau souvenir immortalisé en image qu'elles garderont de leur visite à Venise.







Nous traversons le pont. Sur l'autre rive, Venise se déploie dans son cliché romantique. De belles terrasses de restaurants au pied des quais, des gondoles un peu partout, des fleurs aux fenêtres... Nous nous baladons le long des quais, essayons de nous asseoir quand c'est possible. Nous empruntons les petites routes de traverse du quartier de San Paolo. La fatigue est présente. Le lever tôt, le coup de chaleur, le bruit dans les rues...




Il est plus de 20h. Nous tombons toutes de fatigue. La recherche d'un chouette restaurant sur le chemin du retour fait chou blanc. Nous nous rabattons sur un petit snack de rue dont la devanture propose de belles pizzas. Quiproquo de son de cinq cloches, nous nous retrouvons à manger des parts de pizza et un calzone sur un banc, campo Santi Apostoli. Mon calzone ricotta épinard, très bon, s'accompagne d'une glace au tiramisu, que nous mangeons sur le même banc, à mi-chemin entre l'agréable et le désœuvrement. Personne n'aura de problème pour trouver le sommeil cette nuit.









Après divers degrés de nuisances sonores nocturnes, nous nous réveillons, relativement tôt (en tous cas pour moi). Le rituel du petit déjeuner bien en place, nous sommes parées au départ une bonne heure plus tard. Mamie en vient à la conclusion suivante : les canaux de Venise puent. "Ça sent les égouts, c'est dommage". Quelques rares relents émanent parfois des eaux de la ville, il est vrai. Notre appartement, à l'angle du canal, en fait parfois les frais. Nous fermerons de toutes façons les fenêtres, pour ne pas laisser entrer la chaleur, durant la presque totalité du voyage.




Ce matin, nous partons à l'assaut d'une nouvelle salve de petites rues. Mamie, gonflée à bloc, suit la cadence avec plaisir. Nous zigzagons dans les rues de Castello vers l'hôpital SS Giovanni e Paolo. Nous osons y entrer malgré l'interdiction manifeste et sentons bien dans nos dos les regards exaspérés des vénitiens fatigués de contourner les touristes dans leur quotidien.

De nouvelles petites rues, qui débouchent sur des places. Et un -enfin- coup de foudre de ma mère pour un sablier dans la vitrine du magasin Azimuts, nautica tradizionale (6400 calle de l'Ospealeto, 30122 Castello) que je m'empresse de lui offrir pour la fête des mères. Ça de fait en moins, soulagement. Le magasin regorge d'articles fabuleux, en laiton, avec beaucoup de cachet, tous sur le thème de la mer et de Venise, tous plus magnifiques les uns que les autres.

Je tombe en amour pour un marque page design en forme de tête de gondole, un peu trop cher pour ma bourse. Je m'en détourne, pensant l'oublier dans la minute. Grossière erreur. J'y pense encore. J'aurais du céder aux appels de sirène de ce bel objet. Je sais où j'irais si un jour je retourne à Venise.

Nous descendons toujours les rues de Castello, étroites, alambiquées et pleine de charme. Sur la place, j'aperçois une gondole à quai, vide avec un joli chapeau. Je m'empresse de prendre une photo.



Il nous arrive parfois de nous reposer quelques minutes sur un banc. Le soleil fait rage.

J'observe les gondoles. Leur longueur, peu pratique, mais si élégante. Souvent, à l'angle d'une rue surgit l'objet distinctif en tête de gondole, annonciateur de l'arrivée dans le paysage de la petite embarcation, un peu lente, presque sournoise, à la manière d'un crocodile, flottant tranquillement dans les eaux : il se dégage un certain sentiment mêlé de légèreté, d'habileté, de finesse et de puissance à la fois de la barque vénitienne.

Nous nous épargnons la demi heure de gondole à 80€, d'autant plus que la plupart d'entre nous l'avons déjà fait lors d'un précédent voyage et que l'expérience ne nous avait pas vraiment marquées.








De minute en minutes, les rues deviennent plus denses. Des touristes pour la plupart. Nous nous savons proches du but. Sans surprise, nous finissons par déboucher sur la place San Marco.

Immédiatement, je fais la moue. Des échafaudages mal dispatchés entachent le paysage. Impossible de prendre en photo correctement le paysage. Quel dommage.

Mais ce n'est pas ce qui saute aux yeux. Ce qui brûle le plus la rétine, ce sont ces hordes de touristes sur la pavis de la place. Ils sont des centaines et des milliers, fourmillant dans tous les sens, à prendre d'assaut les monuments.

Sac à dos, chapeaux de paille, casquettes ringardes, sandales de touristes et tee-shirt fluo, robes longues, ombrelles et chapeaux à rubans pour les asiatiques.

Le brouhaha est déplaisant et les célèbres pigeons de la place ont à peine le temps de se poser au sol tant est impressionnant le nombre de chaussures qui bat le pavé.







Mamie ouvre de grands yeux béats. C'est vrai qu'elle est belle, la Basilique San Marco. Ses colonnades de marbre blanc sculpté, ses coupoles charpentées, ses dorures peintes, ses arcs byzantins et plus que tout, ses dimensions imposantes imposent le respect.




Au centre, le lion ailé, symbole de Venise, qui veille, nous surplombant de toute sa hauteur.

Nous nous interrogeons sur les coupe-files. La queue a l'air d'avancer vite. Après mûre réflexion, nous décidons de nous en passer. Mes tantes et ma mère s'engagent dans la file. Spottant un petit espace miraculeusement libre, nos jambes plus fragiles viennent s'asseoir à l'angle d'un banc de la basilique. Avec Mamie, nous relançons le vieux débat de la tenue décente à porter dans une église. Les touristes affluent encore et toujours plus nombreux. Toutes sortes de gens, de nationalités. Une vingtaine de minutes plus tard, nous rejoignons les rangs et rentrons dans l'église.

Mamie est très impressionnée. Moi aussi. Nous le sommes toutes. Les coupoles intérieures, enluminées à la feuille d'or, se chargent de fresques toutes plus grandioses les unes que les autres. Le nez en l'air, j'observe les dessins, très surprise de les trouver si graphiques, et certains d'entre eux très actuels. Le sol est pavé d'ornements centenaires, polis par le passage incessant des touristes.
Interdiction de prendre des photos. Quelle bande de bâtards. Quel dommage.

Je ris sous cape. Tous ces simagrées pour la tenue descente mais tout le monde qui crie dans l'église. Le silence n'est il pourtant pas le premier précepte à respecter pour faire preuve de respect pour tout et en toutes circonstances ?

Difficile de naviguer parmi le flot des touristes. Certains payent un extra pour aller admirer les trésors cachés de la basilique, dont les reliques de St Marc. Mamie, à son aise, nous indique l'authenticité des encensoirs et du bénitier, m'explique le fonctionnement d'un confessionnal à la chaîne.

Mamie allume un cierge et fait une prière. J'ai l'habitude d'en faire de même, quand j'entre dans une église que j'aime. J'en allume toujours un pour moi et un pour Mamie. Cette fois-ci, je ne le ferai pas. Je sens bien que ça ne serait pas compris.




La tour de l'horloge sonne les midi tapantes.
Nous ressortons rapidement de la basilique. Et enchainons sur le Campanile.

Monter le Campanile, c'est s'offrir la possibilité d'un point de vue en hauteur. Une demi heure de queue pour un panorama franchement saisissant.

En haut de l'ascenseur, les immenses cloches, impressionnantes à voir , surplombent le flux de touristes qui se dispute l' accès à la fenêtre. Heureusement, la vue est imprenable.

Il est 13h. Il s'agirait maintenant de trouver un endroit pour manger.

A la descente, nous tentons de nous diriger vers les rives, à la recherche d'un restaurant, mais oh, surprise ! Personne dans les queues pour le Palais des Doges. Nous nous précipitons sur l'aubaine.






Forte de ses années d'italien, ma mère demande cinq billets. Aussi nonchalante que tête à claque, la caissière nous enlèverait presque l'envie de visiter le palais. Pas de plan, pas de merci, pas de bonjour. Ma mère la gratifie d'un "sympatica" bien senti auquel elle ne semble pas réagir. Sur une échelle de 1 à 10, l'amabilité de l'accueil frôle les -5.



Heureusement, le Palais des Doges est d'une beauté à se damner, avec ses colonnades de loggias, son marbre blanc et l'harmonie de ses formes gothiques - renaissance.



Plafonds sculptés, peints, lustres en cristal, boiseries sublimes et autres détails viennent magnifier la splendeur de toutes ces salles, qu'on imaginerait toutes êtres des salles de bal. Il devait faire bon être un doge de Venise, ne serait-ce que pour avoir le privilège d'habiter ces quartiers. La visite, sans plan ni direction se fait un peu au petit bonheur la chance malgré la mémoire de ma tante. Nous finissons par les prisons, marchons sur le Pont des soupirs. Montée, descente, montée, descente. Les escaliers se succèdent et la visite devient pénible pour moi et ma cheville algodystrophiée. Je n'ose pas penser à ce que doit ressentir Mamie qui, faisant coute que coute bonne figure, doit trouver le temps long et les distances plus qu'épuisantes.


15h30. Nous sortons du Palais des Doges et nous dirigeons vers la Chiesa Santa Maria della Salute, à la recherche d'un restaurant où se poser. Peine perdue. Le dédale de petites rues chics affiche autant de touristes que de prix flambants. La situation devient critique. Marcher devient une torture, il est urgent de pouvoir s'arrêter.












Heureusement, Vino Vino, un restaurant avec patio intérieur se dresse en travers de notre route. Nous y entrons à l'aveugle. Et ne serons pas déçues du voyage. Le cadre est magnifique. Dans un jardin, sous la vigne, les serveurs en costard et les lieux rien que pour nous.

La cuisine est fine, succulente, le service terriblement agréable. Des vocalises de la répétition du spectacle de ce soir à La Fenice nous parviennent. Ils agacent Mamie autant qu'ils me tapent sur le système. Nous nous régalons les papilles. Plats classiques, plats typiquement de la région -le célèbre foie à la vénitienne-, et pour ma part, un dobiacco grillé avec des légumes : un plat léger comme je le souhaitais.

Sorbet citron et sublime et délicieux dessert moringa crémeux aux fruits des bois à partager achève de nous porter aux confins du délice. Le grand débat générationnel ne manque pas d'arriver sur l'utilité de laisser un pourboire. Mamie fait preuve d'une générosité que je n'aurais jamais imaginé applicable dans la réalité.

Aussi fatiguée que repues, nous avons du mal à nous résigner à nous lever de table. Il le faudra bien pourtant. Le théâtre de La Fenice est juste derrière le restaurant.

Restaurant Vino Vino
havre de beauté, plaisir des sens
ponte delle Veste, 2007A, 30100 Venezia VE, Italie




Nous nous engouffrons donc entre les murs du théâtre, audio-guide à la main. Mais rien ne nous préparait pour le spectacle qui allait se jouer sous nos yeux. La Fenice est un lieu incroyable. Sublime. Exceptionnel. La mâchoire nous en tombe.

J'ouvre grand les yeux et me repait du spectacle. Une scène magnifique, une salle immense. De lourds rideaux de velours rouge, des dorures un peu partout, une énorme horloge au plafond et surtout, surtout. Des centaines de niches personnelles en alignement, indépendantes, avec leurs propres moulures, leurs propres lampes, leurs propres portes.


Il est tard, les visiteurs sont peu nombreux. Je n'ai même pas envie de me concentrer pour prendre de belles photos. Je préfère rester là, à promener mes yeux dans les rangs.


J'imagine aisément toute la bonne société italienne du 19ème siècle se réunir à La Fenice. Les femmes en robe et ombrelles, avec des gants et des petites jumelles. Les hommes en haut de forme et costume trois pièces, aussi élégants qu'attentifs.



Plus haut, la niche royale. Celle construite expressément pour Napoléon. Depuis son balcon, une vue toujours plus imprenable. Je n'arrive même pas à me concentrer sur l'audio-guide, trop occupée à manger du regard ce qui se joue sous mes yeux. Je suis sous le charme, le souffle coupé.

En montant les escaliers, nous tombons sur une scène. Deux musiciens répètent, sous les yeux d'un public improvisé, constitué de quelques touristes assis. Nous y serions restés des heures. Mais déjà le garde vient nous demander de sortir : il est l'heure de la fermeture des visiteurs. Nous nous arrachons à regrets de ce lieu enchanteur. Mamie a encore des étoiles dans les yeux. Et moi aussi. La Fenice, ce fut notre visite préférée de tout le séjour à toutes les deux.



Nous déambulons dans les rues, droit devant nous, débouchons sur le Campo San Stefano. Nous essayons de rentrer dans le conservatoire, fermé au public. Et ma tante trouve la chiesa San Vidal, celle qui proposait un concert classique ce soir, à une horaire qui ne nous conviendra pas. De mon côté, je tombe nez à nez avec les jardins fermés du Pallazzo Cavalli Franchetti, l'institut des Arts et des Lettres. Une installation de Ai Weiwei, un des plus grands artistes contemporains du monde semble s'y tenir, mais l'institut est fermé, impossible à voir. Quel dommage. Ma dose d'art contemporain me manque.



Nous traversons le pont de l'Accademia, le second pont le plus important de Venise, malheureusement en travaux. Mamie est sur les rotules à présent. De l'autre côté de la rive, je pousse un cri. La Gilden Cage de Ai Weiwei, on peut la voir depuis l'autre rive ! Luxe, calme et volupté, je suis ravie. Fourbues, nous décidons d'arrêter là les péripéties de la journée pour soulager nos jambes. Le soleil décline, la golden hour, l'heure des belles photos, descend sur le canal.








Il est 19h30. Nous oblitérons pour la première fois notre pass vaporetto, acheté il y a quelques heures. Depuis la station Accademia, nous prenons le 4.1 en direction du Rialto. Il y a des vénitiens, des touristes à bord du bateau. Impossible de se trouver une place assise. Nous nous cramponnons au bastingage, même si le vaporetto ne secoue pas trop. Les belles façades de Venise s'offrent à nos objectifs. Le soleil est trop bas dans le ciel, caché par les bâtiments. Pas de golden hour, dommage.

Gondoles, bateaux à moteur de particuliers et différentes lignes de vaporetto se battent en duel pour l'accès au Grand Canal. Nous nous faisons déposer à l'arrêt du Rialto. Nous marchons au bord du quai, déambulons autour du Rialto Mercato, fermé.

Le long de ses alentours, quelques marchands vendent pâtes, sels parfumés et autres spécialités italiennes que nous ignorons royalement sans savoir qu'elles ne se présenteront nulle-part ailleurs. Dommage, j'en aurais bien ramené en France.

Nous débouchons sur une placette au bord de l'eau, le Campo Erberia où quelques petits bars en terrasse fleurent bon la dolce vita. Il me démange de m'y arrêter boire un verre. Je me remémore l'adresse pour plus tard.




Mamie, qui n'en peut plus, a très envie de rentrer. Envie que nous partageons toutes. Nous empruntons notre désormais chemin connu vers l'appartement.




Les petites rues de nuit conservent leur charme et il m'est toujours aussi douloureux de passer devant le magasin et ses vitrines où coulent des fontaines de chocolat. S'asseoir dans l'appartement est un doux plaisir. 22h, Mamie insiste pour nous cuisiner ses délicieux spaghettis en sauce: c’est vrai que la recette, comme ses origines, est italienne. Allonger ses jambes a quelque chose de divin. Je songe à ressortir, histoire de profiter de la Venise de nuit. Mais j'ai trop mal au cœur (très bons mais très gras, les spaghettis de Mamie) et je suis trop fatiguée. Nous nous endormons vite, fourbues de cette journée bien remplie.




Nous nous levons moins tôt, moins pimpantes. La logistique, désormais rodée est bien organisée. Nous sommes dehors rapidement. Direction Fondamente Nove, l'embarcadère le plus proche de la maison. Dédale de petites rues. Un homme enfile des perles sur une petite placette. Nous croisons quelques vénitiens, manifestement en train de se rendre au travail et de vaquer à leurs occupations. Une sublime boutique de papier me fait de l'oeil : la Stamperia Gianni Basso. Sur du beau papier, des impressions magnifiques aux formes et motifs variés, tampographiques pour la plupart. La boutique de Gianni Basso (5600 Calle del Fumo, 30121 Cannaregio), qui se fait appeler le Gutenberg vénitien est une boutique aussi authentique que connue : un coup de coeur monumental pour moi et je regrette amèrement de ne pas avoir pris le temps de pousser sa porte.





Pour atteindre Murano, nous prenons le 4.2 à l'embarcadère. Le bateau, très petit et plein à craquer, ne nous inspire guerre confiance. Mamie ne montre aucun signe d'inquiétude. Nous voguons dans les eaux de la lagune. Il contourne d'abord l'île San Michele, l'île cimetière et nous fait débarquer à Murano une vingtaine de minutes plus tard.










Légère panique : et maintenant qu'on y est, que faut-il faire ? Murano est plus grande que dans nos souvenirs. Sous une chaleur à crever, nous déambulons dans les rues, le long du canal bordé de magasins. Des créations en verre constellent les vitrines, de mauvais gouts pour la plupart. Trop colorés, souvent grossiers, sans harmonie, mais la prouesse est tout de même toujours à saluer. Tous ces objets impressionnent et auraient de quoi affoler nos cartes bleues s'ils nous intéressaient.

J'essaie de guetter le regard de Mamie, qui ne s'accroche à rien de particulier. J'ai toujours en tête de lui offrir un petit cadeau, ma maigre participation à ce voyage d'anniversaire. Et puis son regard se porte sur les "bouchons de champagne" comme elle les appelle. Elle s'extasie face à eux. Bingo, c'est bon pour moi. J'ambitionne de lui en offrir un, celui qui lui plait le plus. Mais Mamie n'est pas très coopérative. Ma mère, bien déterminée à s'offrir un bijou, fait chou blanc également.

Nous nous enfonçons toujours plus loin dans Murano. Les touristes tapissent les rues. Nous traversons des ponts, avons un peu la sensation de marcher pour rien. Il nous vient l'idée de chercher des souffleurs de verre en pleine démonstration à montrer à Mamie. Malheureusement, ceux que nous trouvons sur internet ont tous des horaires qui ne nous conviennent pas.

Avec ma tante, nous partons demander au Musée du verre où trouver des souffleurs de verre. La femme nous indique qu'ils se situent vers les embarcadères Colonna et Faro. Nous revenons sur nos pas, nous dirigeons vers l'embarcadère Faro, celui qui dessert l'ile de Burano. La fatigue se fait ressentir. J'en profite pour acheter d'office un bouchon à champagne pour Mamie. Mon cadeau c'est fait, voilà.







Aƒ mesure que nous progressons vers Faro, Murano devient plus animée. Sous nos yeux ébahis, un homme joue de la musique sur des verres en cristal. Le son est sublime, le spectacle merveilleux. Il joue du répertoire classique. La danse de la fée dragée de Tchaïkovski. Mamie tombe bouche bée. Nous aussi. Nous nous arrêtons pour l'écouter quelques minutes. De nouveau, Mamie fait preuve d'une grande générosité pécuniaire.

Et puis la chance nous sourit. Non loin de là un magasin arbore une grosse pancarte, "Fornace". Nous tentons notre chance, persuadées que le mot signifie four. Et Bingo.

A l'arrière du magasin, les souffleurs de verre travaillent et sont observables quelques minutes moyennant la modique somme d'un euro. Nous nous engouffrons derrière le rideau. Le spectacle est très impressionnant. Ce sont deux hommes, la cinquantaine passée, en plein travail. Il fait une chaleur insupportable. Ils travaillent en short, manient le verre avec des gestes d'experts.




Je me sens mal de les observer de la sorte, comme des bêtes curieuses. Je me dis que leur quotidien doit se trouver détestable, sous la pression des yeux des touristes. Je ne supporterai de sentir des gens derrière mon épaule à longueur de journée pendant que je dessine. Heureusement, notre temps d'observation est vite imparti. Nous ne manquons pas de les applaudir. Et d'acheter un petit quelque chose à la boutique, profitant du discount qui nous est accordé.




A Faro, les touristes font la queue pour embarquer vers Burano. Ma tante, dont la vessie lui crie ses besoins, propose de s'attabler dans un snack avec vue sur l'eau. Le repas n'est pas fameux, et les aller et venues incessantes du vaporetto gâchent le paysage visuel et sonore.

Le long de l'embarcadère, un kiosque à touristes propose l'éventail de mes rêves, déjà vu à Venise, repéré au premier coup d'œil dans l'heure de notre arrivée. Il est noir, dentelé, d'une classe folle. Je cède à ses appels de sirène et Mamie a la gentillesse de me l'offrir. J'accepte, sachant que mon éventail à 6€ ne ruinera personne aujourd'hui.






Il est l'heure de s'engager dans la queue du ferry pour Burano. Le 12, qui passe toutes les 20 min, est surchargé de monde. L'organisation est mal faite, les agents s'égosillent, les touristes ne comprennent rien et la ligne se ferme juste avant nous.

Nous serons donc les premières à embarquer sur le prochain vaporetto. Rester debout pendant 20 min n'est pas d'un agréable fou. Lorsque le grillage est levé, notre rapidité ne nous suffira pas pour profiter des meilleures places : le bateau est déjà plein de voyageurs. Nous nous calons vers le bastingage, debout pendant toute la traversée qui durera 40 min.

La mer est tranquille, il n'y a pas de vagues. De petites îles peuplent la lagune. Abandonnées, en ruines pour la plupart. Ce sont les plus belles à mes yeux. Je me demande quelle est leur histoire, ce qui les a conduit dans cet état. Qui étaient leurs constructeurs, quel était leur but, quel est le dernier homme a y avoir posé le pied. On se dit que le réchauffement climatique engloutira prochainement tous ces lieux que la mer grignotte un peu plus chaque année.








Les jolies façades de couleurs finissent par surgir. Burano à son extrémité ouest est un havre de paix. Il s'agit de son île jumelle, Mazzorbo, désertée par les touristes. Nous hésitons à descendre à cet arrêt. Mais nous ferons comme tous les autres cons touristes et descendrons à Burano, avec regret.

Le lieu est aussi magnifique que surpeuplé. Les hordes de touristes se ruent sur les pavés. Les façades arborent des couleurs non seulement sublimes mais plus important, harmonieuses. Des teintes pastel, plus vives, qui matchent toutes les unes avec les autres. Difficile de ne pas avoir un coup de cœur pour Burano.

Difficile aussi de la trouver agréable. Le long de la petite rue, des tas de magasins en enfilade essaient de charmer les clients. Ils s'y prennent plutôt bien. Avec beaucoup de gout, des étalages de jolies dentelles, broderies, linges et autres colifichets se déploient.


Nous nous payons une glace, ricotta-poire pour moi, le meilleur choix du séjour. Rapidement, nous essayons de nous dégager de l'axe touristique.



La vie des habitants, avec leur linge étendu au balcon, leur plantes arrosées journalièrement, la petite mémé en blouse qui vaque à ses occupations sur les quais. Une autre vie, d'un autre temps. Mais pleine de charme.




La fatigue se fait de plus en plus ressentir. J'ai la cheville qui commence à bien faiblir. Mamie, derrière ses airs de guerrière, n'en mène pas large. Il était question d'essayer de rentrer par Mazzorbo, mais la distance nous semble de moins en moins réalisable. Et puis les nuages noirs au fond du ciel annoncent un orage. Tous les touristes ont peur de se prendre l'averse et se ruent sur le vaporetto.

 Il nous faut jouer des coudes pour embarquer juste à temps. L'organisation est étrange. Nous avons l'impression d'embarquer sur un bateau de migrants, qui enfournent et enfournent toujours plus de monde. La capacité du vaporetto pour Burano est pourtant impressionnante. Plus de 200 personnes. Mamie et moi trouvons une place assise. Elle était plus que nécessaire. Il est déjà 15h30.


Je me rends compte qu'il me faudra faire une croix sur mes trois objectifs art contemporain du séjour : le Peggy Guggenheim, le palais Grassi, tous les deux fermés le mardi, et la Biennale, hors de prix pour deux petites heures de visite. Je panique. L'art a été si peu présent au cours de ce séjour. Sa présence me manque et son absence me frustre. De retour à quai, je décide de me séparer du groupe pour me ruer sur le premier monument à proximité : le Ca'd'oro. Mamie, mes tantes et ma mère partent se reposer quelques minutes à la maison, chercher un parapluie au cas où. Nous avons encore le temps d'aller visiter la Chiesa Santa Maria della Salute avant sa fermeture.




Ca'd'oro m'avait tapé dans l'oeil quinze ans plus tôt. Il est considéré comme le plus somptueux palais de Venise après le Palais des Doges. Sa visite n'était pas grandiose. Eparse et peu fournie.








Les filles sont en retard. Elles n'arriveront pas à temps pour la Santa Maria Della Salute. Mais moi je peux encore en avoir la chance. Je suis les indications de Google Maps et m'embarque sur le vaporetto de Ca'd'oro. Avant de m'apercevoir que je l'ai pris dans le mauvais sens.

Panique à bord. Je descends deux arrêts plus loin, et peine à trouver le bon vaporetto vers Accademia. Avec cette perte de temps à la clé, je vais moi aussi rater la visite de l'église.

Heureusement, le trajet sur la ligne 2 est des plus agréables. Peu de touristes, plein de places, dont des places assises à l'avant. Je m'installe, les cheveux au vent, un bon angle photographique à la clé. Je descends le Grand Canal, telle l’égérie d’une publicité pour un parfum.

Pendant ce temps, les filles s'embarquent sur le traghetto pour rejoindre le bon embarcadère pour l'arrêt Salute.








Je m'arrête à Accademia. Et par curiosité, je pousse la porte de la Gallerie Dell'Accademia, que j'avais déjà remarqué la veille et qui ferme à 19h30. Parfait pour rentrer dans mon timing.





Je n'avais jamais rien vu de tel. Des peintures médiévales byzantines. Loin de nos habituelles romanes ou gothiques, il émane de ces iconographie quelque chose de féérique. Elles sont sublimes, graphiques, harmonieuses, époustouflantes. Avec des dorures et des auréoles partout, qui remplissent tellement bien l'espace, le long de compositions qui font mouche à chaque fois. Je suis subjuguée. Je peine à m'arracher de cette incroyable salle.

La suivante, encore plus grande, abrite des peintures essentiellement vénitiennes. Le lion ailé toise les visiteurs de son air sévère, les gondoles sont en feu et le Rialto surplombe les scènes de guerres et de sang.


Mais plus que tout, au fond de la salle, trois retables de Jérôme Bosh irradient derrière les vitres de verre. Graphique, imagé, très actuel. Le style Bosh, reconnaissable entre mille, poétique, catastrophiste et fantasmagorique accroche mon œil et ceux des autres visiteurs, qui se détournent des grands formats pour se pencher sur le trait sûr et précis des petits formats du peintre flamand.






Je poursuis mon chemin dans les ruelles du Dorsoduro. Elles sont différentes, plus chic, plus arty. Je longe le Palais Grassi et le Peggy Guggenheim, qui m'insultent depuis leur absurde fermeture hebdomadaire du mardi. Le nez en l'air, je me promène à la recherche de la bonne image à immortaliser en photo. Au détour d'un pont, un musicien de rue. Qui joue d'un instrument Renaissance à cordes, inconnu. Le son est d'une légèreté inoubliable, l'image me restera longtemps en tête.




Au détour d'une petite rue, je tombe nez à nez avec ... ma famille. S'en est très drôle. Elles reviennent du parvis de Santa Maria Della Salute qu'elles n'ont pas trouvé exceptionnel. Il est 19h. Notre pass vaporetto arrive bientôt à sa fin. Rebroussant chemin, nous embarquons à Accademia vers le Rialto. Mamie, toujours aussi partante, nous suit avec l'entrain de la fatigue. Nous quittons le Vaporetto à S. Marcuola.




Direction le ghetto de Cannaregio. L'architecture et l'ambiance y sont très différentes. On y croise quelques israélites, habillés typiquement. Les bâtiments sont plus hauts, moins italianisants. L'ambiance y est plus sombre. Sur le Campo di Ghetto Nuovo, un kiosque abrite trois hommes en état de vigilance, surveillant les alentours.


Nous poursuivons notre chemin dans les rues du ghetto et débouchons sur la Fondamenta della Misecordia.



Je rêve d'un apperitivo qui ne plaira qu'à moi. Nous nous engouffrons dans un restaurant avec jardin, très vite rempli à la tombée de la nuit. La nourriture n'est pas fameuse, déception notoire pour tout le monde. Les plats sont oubliables et le dessert ne rattrape pas grand chose, mon tiramisu est simplement dégueulasse. Nous regagnons la maison par les petites rues de Cannaregio.

Certaines gondoles et quelques bateaux circulent encore sur les canaux. Pour tout phare, ils ont ils ont une toute petite lumière positionnée à la poupe de leur embarcation.

Le réveil sera dur demain à 4h du matin. Mais il n'est même pas 22h et c'est notre dernière soirée à Venise. Je décide de ne pas laisser passer ma chance et pars seule à l'assaut de la Venise de nuit.








Mes pas me dirigent vers le Rialto. Sa vie nocturne est riche. De nombreux touristes mangent encore sur les rives du restaurant et les marches de l'escalier débordent de monde. L'ambiance est à la fête. Galvanisée, je décide de poursuivre ma route vers San Marco qui n'est qu'à un quart d'heure de marche. Je m'enfonce dans le dédale de petites rues sombres, certaines très animées, d'autres plutôt désertes en fonction des directions que je prends. Pour m'aider, mon amoureux au téléphone me guide depuis une carte, histoire que j'économise ma batterie sans allumer le GPS.








La basilique, joliment éclairée, surplombe les lieux depuis les voutes de sa splendeur. Ses dorures reflètent l'éclairage public. Chaque arcade des bâtiments de la place est allumée, formant les contours parfaitement symétriques d'un cadre enchanteur. La pleine lune se reflète dans les eaux du rivage et coiffe le lion ailé, aux côtés des formes anguleuses du palais des Doges. Mais le vrai charme de cette splendide soirée, c'est l'orchestre en terrasse du Café Florian, qui fait résonner sur toute la place les notes des plus grands compositeurs du répertoire classique. Ravel, Saint Saens, Bach, Beethoven... 

Je m'assois au pied du Campanile et savoure cet instant de temps suspendu. J'y resterai volontiers toute la nuit, mais il est déjà temps de rentrer. Toujours guidée par téléphone, j'emprunte des chemins inconnus jusqu'au Rialto, avant de réaliser qu'il n'était qu'à 8 min de San Marco. J'ai la sensation de mieux connaitre Venise au moment de la quitter. Demain le lever va piquer. Le réveil est mis à 4h du matin pour un départ à 4h45.






Se réveiller avant 6h du matin est toujours une sacrée torture. Ma famille m'étonne d'être capables d'avaler quoi que se soit par une heure pareille. Mamie, qui a plutôt hâte de rentrer chez elle, est toute pimpante. Nous entamons notre traversée de Cannaregio vers la Piazzale Roma.

Ma valise raisonne sur le pavé des rues. Je me sens terriblement mal. Si chaque touriste fait comme moi un assourdissant bruit de valise à 5h du mat, quelle peut être la qualité du sommeil des vénitiens ?

Je suis vite consolée par le bruit des valises des rares autres touristes qui comme nous cheminent dans les rues à 5h du mat, mais surtout par l'impunité des quelques italiens debout à cette heure qui n'hésitent pas à hurler dans les rues comme en plein jour. Pour couronner le tout, des bateaux mettent les gaz à 5h15 du matin sans le moindre problème. Me voilà déculpabilisée du bruit de mes petites roulettes.

Il n'y aura pas de lever du soleil dans les rues de Venise. Ce plaisir photogénique ne nous sera malheureusement pas accordé. Nous n'attendons que peu l'ATVO qui nous mène jusqu'à l'aéroport. Il s'agirait de se dépêcher, nous ne sommes pas en avance. Rapidement, le car nous emmène à l'aéroport Marco Polo. Nous passons les contrôles et nous engouffrons dans les portes de l'embarquement. Un bus surchargé de monde nous emmène à notre avion.
Le vol du retour est déserté, sans doute en raison des probables nombreux sièges vides pour cause d'annulation du premier vol. Mamie parvient à bien se placer le long d'un hublot qui lui offre une belle vue sur la côte. Elle ne verra malheureusement pas les Alpes, noyées sous les nuages.






Au sol à Marseille, un ciel noir et une pluie fine. On est loin de la chaleur écrasante de Venise. Le chemin n'en finit par de serpenter jusqu'aux contrôles des passeports. Nous prenons la navette jusqu'à la gare St Charles. Ma mère a le courage d'aller travailler dans la foulée. En la félicitant, nous nous séparons au métro. Un vent de fin souffle sur ce début de journée où le soleil pointe à travers les nuages. Marseille nous ouvre à nouveau ses bras.

Et j'imagine Mamie arriver sur les rotules au dernier étage du bâtiment, tournant la clé de la serrure, soupirant d’aise, contente d’être rentrée chez elle mais se disant que quand même, il était fatiguant, c’est vrai. Mais il était aussi sacrément magique ce petit voyage à Venise !

F I N




V O I R  A U S S I 

   Tourisme de masse, clichés romantiques
et pigeons par milliers : peut-on encore visiter Venise ?
  Un week end à Venise : carnet de bord



L E  G U I D E  A  I M P R I M E R 

Tu peux télécharger en condensé 
mon guide de Venise {ici}


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